Interview express avec Jérôme Damelincourt, créateur du site VIA.
Asimov en était spécialiste et leur avait imposé trois règles inviolables. Je veux bien sûr parler des robots, l'illustration la plus visible de la vie artificielle. Ce sujet vénéré par les écrivains de Science Fiction est l'axe central de VIA, un site universitaire remarquable.
Mis en ligne en avril 2000 par deux étudiants de l'Université Technologique de Compiègne, Jérôme Damelincourt et Frédéric Fournaise, deux passionnés de robotique et de vie artificielle, sous la houlette de John Stewart, un professeur de sciences cognitives, VIA réunit des informations sur tous les aspects de la vie artificielle. De l'historique du golem biblique aux dernières créations robotiques en passant par les Intelligences Artificielles. De la philosophie aux théories scientifiques. De l'aspect commercial, avec un détour par les organes artificiels, à la littérature et au cinéma. Ce portail général s'adresse au plus grand nombre. Vous pourrez d'ailleurs confronter votre avis sur les forums ou même proposer un article sur un des nombreux sujets abordés. Mais avant, faites un détour par le glossaire qui vous mettra au parfum de tous les termes utilisés dans ce secteur vaste et passionnant.
Unique site en français à traiter de la vie artificielle dans un cadre aussi large, VIA est une mine d'infos, en particulier pour les auteurs. N'hésitez pas à plonger dans l'univers artificiel de VIA.
[photo d'Isaac Asimov, que vous pourrez admirer sur le site VIA]
Quelle est la vocation de votre site ?TRONG> Nous voulons faire comprendre aux internautes que ce n'est pas magique, qu'il y a un truc derrière les robots ou autres jeux. C'est notre volonté éducative. Le côté informatif vient du nombre important d'articles traitant de sujets larges. Nous désirons nous adresser au plus grand nombre.
Quelle est votre position quant aux problèmes éthiques posés par la vie artificielle ?TRONG> Pour l'Intelligence Artificielle, qui effraie le plus de monde, nous avons encore du temps devant nous. Mais cela posera beaucoup de problèmes effectivement. Je dirais que je suis pro-vie artificielle pour les aspects robotiques et mondes virtuels. Pour les aspects biologiques, je serais plus réservé.
Où en est-on aujourd'hui au niveau des trouvailles utilisables en matière de vie artificielle ?TRONG> Les japonais ont développé des robots commercialisables (chien de Sony, R100 etc..) qui donnent des résultats impressionnants. Les virus informatiques sont aussi une application de la vie artificielle. Pris dans un contexte militaire, ils pourraient paralyser l'informatique ennemie, et éviter des pertes humaines des deux côtés. Les jouets deviennent aussi de plus en plus autonomes (poupée, ours en peluche…).
Devons-nous nous inquiéter du remplacement de l'homme par la machine ?TRONG> L'homme n'est et ne sera pas remplacé ! Pour développer un cycle d'innovation plus rapide (au niveau de la planète), les hommes doivent réfléchir plus, donc effectuer moins de tâches manuelles. Il faudra donc de nouveaux "esclaves". Et ils s'appelleront "robots".
Existe-t-il des interactions réelles entre la science et la littérature de Science Fiction en matière de vie artificielle ?TRONG> L'exemple le plus marquant est 2001 l'odyssée de l'espace. Dans le film, Hal l'ordinateur a été conçu au MIT en 1997, je crois. Cette année là, le M.I.T. a organisé une grande fête avec des conférences portant sur la vision du film, et la réalité effective à cette date.
Pourriez-vous nous conseiller quelques ouvrages sur le sujet ?TRONG> En matière de romans, on ne peut passer à côté de la série sur Les robots d'Isaac Asimov. En documents, La vie artificielle de Jean-Claude Heudin (ed. Hermès) est abordable par tous. Pour des lecteurs possédant plus de connaissances je citerais Conscience artificielle et système adaptatif de Alain Cardon (coll Eyrolles) et Les publications scientifiques des éditions Hermès, des recueils de textes de recherches.
Quels sont vos projets futurs ?TRONG> Le site va continuer à grossir avec des contributions d'étudiants et autres. Personnellement, j'aurais aimé m'investir un peu plus dans la robotique mais les débouchés sont encore faibles.