Stuart Meloy, docteur à la clinique Piedmont Anesthesia & Pain Consultants, a réussi par hasard en février 2001, lors d’une opération banale, à provoquer un orgasme chez une patiente. La découverte, si elle n’est pas encore confirmée, laisse rêveuses (les femmes) et inquiets (les hommes).
Le problème avec les chercheurs et les scientifiques, c’est leur inconscience, voire leur insouciance. Après le nucléaire, le clonage, c’est au tour des orgasmes d’être la "proie" (cette fois-ci involontairement) de la science. Ce n’est pas la première tentative, ce ne sera pas la dernière mais prenons ce qui vient et divaguons avec une boîte pas plus grosse qu’un paquet de cigarettes qui déclenchera des orgasmes à volonté.PAN>
L’orgasme est une finalité. Futile, illusoire, pour certains et pour Mallarmé en particulier mais finalité quand même. Répéter une finalité, c’est la banaliser, l’amoindrir et surtout disqualifier tous les moyens qui nous permettaient jusqu’alors d’y accéder. L’érotisme est par conséquent en danger lorsque se profile à l’horizon une machine à plaisir automatique. Ou plutôt, il acquiert une autre dimension, une indépendance qui lui offre une nouvelle nature. En quelque sorte, il faut remercier ce docteur Meloy – et c’est pourquoi il est l’invité de cette rubrique – parce que sa découverte transforme l’érotisme en pur artifice.PAN>
Baudelaire, en grand artificier, n’aurait pas renié cette boîte à orgasme. Plus besoin de feindre l’orgasme, il est offert à la population féminine. Les préliminaires deviendront le lieu des illusions et des plaisirs gratuits. Si l’érotisme était déjà un jeu, il devait néanmoins aboutir à autre chose, il n’était que le moyen plus ou moins bien utilisé de transmission entre le sexe et l’orgasme. Si la relation se coupe, qu’advient-il ? Eros devient le roi d’un autre Olympe, et laisse Bacchus se disperser dans la surproduction, par l’automatisation "Meloyenne".PAN>
Avec cette boite à orgasmes, l’érotisme et sa littérature s’émancipent et se déplacent vers l’amusement sans conséquence, l’art de la complicité et de l’artifice. L’amour des feintes se concrétise et l’on se prend à imaginer une littérature érotique moins marginalisée, moins cloisonnée. Mais la réalité est pour le moment autre ; la boîte à orgasmes ne résulte que d’une expérience unique et son inventeur potentiel ne souhaite s’en servir qu’en cas extrême, pour aider les couples déchirés par les problèmes d’orgasmes. Merci quand même docteur Meloy.PAN>