Pendant 7 années, Eric Louvet a recueilli et mis en ligne les textes sacrés des 7 principales religions de l’humanité, la Bible, l'Evangile, le Coran, les écrits baha'is, les sermons du Bouddha, le Baghavat-gita, les Gatas de Zoroastre, au travers de 88 livres saints, 55 000 versets. Convaincu que les religions ne sont séparées que pour des raisons historiques et sociales, il nous fait partager sa quête de l'unité dans la diversité des cultures religieuses.
Qui êtes-vous Eric Louvet ?TRONG> J'ai trente-huit ans, je suis marié et père de quatre enfants. J'exerce la profession d'ingénieur informaticien. Je suis attaché à trois valeurs fondamentales : le travail, la famille, l'aspect social. Pour moi, tout part de la sphère personnelle. Elle nous permet de différencier le superficiel de l'essentiel. On apprend le sens des priorités dans la vie. Sans foi, sans vie de l'âme, l'arbre sera bien décoré, mais il ne portera pas de fruits. Il faut de la sève, cette sève, c'est la foi. Pour d'autres, c'est l'art, l'amour d'une femme. Il y a un élan et derrière cet élan, il y a Dieu. Aujourd'hui, on vit vite. Les valeurs que l'on apprend sont reproduites par les enfants. Il est très important que le creuset qu'est la famille s'exprime par l'unité dans la diversité. Il faut chercher la cohérence. Cela se joue aussi dans la société, l'humanité, car il existe une grande diversité des peuples.
Comment définissez-vous la foi ?TRONG> Là encore, tout part de la sphère personnelle. La prière sans acte n'est rien. Le travail bien fait dans un esprit de service est élevé au rang de prière. Elle est la source jaillissante de l'acte. Ce service est pour Dieu. Cela donne du sens à la vie en général. Chaque acte de la vie quotidienne doit être ainsi élevé au rang de prière.
Quelles ont été vos motivations pour créer ce site ?TRONG> J'ai été mis hors rail de l'éducation puisque j'ai été orienté tôt vers un BEP de mécanicien monteur. J'ai été mis hors rail religieusement, je ne croyais pas en Dieu malgré une éducation religieuse. Etant ainsi hors rail, limite voyou, j'ai eu un déclic au cours de mon adolescence. J'ai été pris d'une grande soif d'apprendre. C'était une quête de sens, d'ouverture, j'ai cherché à boire. J'ai appris tout ce que je pouvais apprendre, dans le domaine de la philosophie, des sciences. C'est ainsi que je suis passé d'un BEP à une école d'ingénieur par la voie math sup / math spé. C'est comme une pyramide des besoins, je pouvais combler mes besoins de sécurité, alimentaires, professionnels, mais il me manquait quelque chose. J'avais besoin de spiritualité, d'une vision de l'homme et de ma place, celui-ci n'était pas couvert par mes études. J'ai été touché un jour par le Requiem de Mozart. J'ai fait le tour des chorales à Paris et j'ai participé à toutes celles qui le chantaient. Mon sentiment religieux est né de l'art. C'est à ce moment qu'un homme m'a donné dans la rue une brochure "La promesse de paix mondiale ". En la lisant, je me suis dit : "C'est mon frère qui a écrit cela ". Elle comprenait des pistes de résolution des problèmes basées sur la spiritualité et non sur la technique ou la politique. Mon eau a pu alors irriguer mes terres. Il y avait comme un barrage qui a cédé. J'ai reçu un outil et cela a abouti à "religare", l'unité dans la diversité, la tolérance avec discernement. Je ne suis pas prêt à tout avaler, mais je ne mets pas tout dans des boîtes. C'est une recherche libre et indépendante de la vérité, du sens de la vie, sans préjugé d'étiquettes.
J'étais toujours athée mais j'ai commencé ma propre recherche. J'ai lu tous les textes sacrés, j'étais émerveillé par la beauté de ces textes. J'ai lu les Evangiles, j'ai aimé le Christ, je suis devenu véritablement chrétien. Pour moi, il n'existe qu'une seule religion fondamentale, mais des révélations divines qui ont éduqué l'humanité d'âge en âge. Jésus a accompli Moïse, il ne l'a pas contre-dit. Il en va de même avec Mahomet. Le Coran présente un style littéraire différent, il s'inscrit dans un contexte social différent. Les religions ne sont séparées que pour des raisons historiques et sociales. Les rites, de mariage, d'enterrement, sont moins importants que les valeurs fondamentales : le respect du prochain, l'hospitalité… Les gens s'identifient au rite et en oublient l'esprit. C'est pourquoi ils se dirigent vers les sectes.
Un an après, j'ai accepté l'ensemble des grands messagers de Dieu, j'ai commencé à faire "religare", cela m'a pris sept ans. Je tenais à sa gratuité, c'est un cadeau à l'humanité entière et un pont entre les croyances pour que les hommes cessent de se taper dessus au nom de l'absolu. J'ai compris cela grâce à Dieu, j'ai placé cette image sur le site "l'unité dans la diversité".
Comment voyez-vous l'avenir du religieux ?TRONG> Le problème actuel est complexe. Il faut redonner un tissu organique à la société. Il existe un cloisonnement des cultures, des quartiers etc . On n'y arrivera pas tout seuls, les associations, les politiques n'y arriveront pas. Nous sommes dans un virage, on recherche une unité, c'est le sens de l'histoire. La mondialisation en est la mauvaise version. Ce qui me plaît le plus dans le Livre d'Or, c'est que chacun me considère comme appartenant à sa foi : musulman, bouddhiste etc. l'humanité possède un seul corps, un seul esprit, mais avec une diversité de couleurs, de cultures, de systèmes. Il faut parvenir à un jardin varié. J'ai donné ma propre spécificité, "religare" ne m'appartient plus. Je n'ai été qu'un canal, un instrument. Je crois que la paix est possible, même inéluctable. La nature est bien faite, lorsque nous faisons des erreurs, elle nous cadre, sur le plan écologique, relationnel, celui de la santé. Si j'ai un jugement réducteur par exemple, je n'aiderai pas l'autre à se construire. Il faut être indulgent car l'autre est une image de Dieu. La paix est inéluctable car l'homme ne peut faire éternellement ce qu'il veut, il n'est pas séparé de Dieu.
Aujourd'hui, il faut parvenir à l'unité, après la nation, on en vient à l'Europe, on en viendra à une unité planétaire dans la diversité. C'est une loi inscrite au coeur de l'homme et de la nature. Quand je vois des catastrophes, je ne suis pas démoralisé, par le bonheur ou le malheur, l'humanité progressera.