Le petit caillou qui écrivait l’histoire de l’imaginaire enfantin
Georges-André Vuaroqueaux est le responsable du Centre International d'Etudes en Littérature de Jeunesse, le CIELJ, baptisé Ricochet, pour réseau international de coopération entre chercheurs. Installé à Charleville-Mézières, il dirige aujourd'hui une petite dizaine de personnes, qui ont transformé une simple base de données, créée en partenariat avec l'université Paris VIII en 1996, en un site éducatif et esthétique sur tous les visages de la littérature de jeunesse. Ricochet accueille un million de visiteurs par an. Une nouvelle version du site est prévue pour la fin du mois.
Quel est le rôle du Centre International d'Etudes en Littérature de Jeunesse ?TRONG> Le CIELJ est une association, qui a été créée en 1988 pour promouvoir la culture de la jeunesse liée à l'image en général et à l'illustration en particulier. Elle dispose aujourd'hui, à Charleville-Mézières, de quatre lieux différents : une bibliothèque de 35 000 ouvrages, majoritairement de recherche, un espace culture multimédia, avec initiation et création, notamment de CD-Roms, un espace enfance, dans lequel nous organisons des rencontres entre les auteurs ou les illustrateurs et les enfants - et des expositions, et puis il y a le site internet Ricochet.
Pourquoi créer un site sur la littérature de jeunesse ?TRONG> Internet permettait de lier entre eux tous les membres de l'association. Au moment de la création du site, sur les 120 membres, 80 vivaient à l'étranger. Nos membres sont des universitaires, des bibliothécaires, des chercheurs, ou des enseignants : nous avons par exemple comme correspondants les universités de Padoue et de Séville, les bibliothèques nationales de Münich et de Suède ou la responsable jeunesse à Washington.
Comment se présente Ricochet ?TRONG> Il est découpé en quatre parties. Dans la rubrique actualité, renouvelée tous les 15 jours, nous annonçons les rencontres, les festivals, les salons, les spectacles, les films et bien sûr les livres qui s'intéressent à la littérature jeunesse. Dans la bibliothèque sont recensés 3500 auteurs et illustrateurs, 350 classiques, les héros de la littérature jeunesse, et aussi les films et les CD-Roms inspirés du sujet. Dans l'espace service, nous faisons la promotion d'initiatives et de jeunes auteurs et illustrateurs. Enfin, dans la dernière section, nous donnons un carnet d'adresses : chercheurs, institutions, sites internet, éditeurs...
Est-ce, selon vous, une littérature qui a besoin d'être défendue ou simplement reconnue ?TRONG> Elle a besoin d'être plus connue. Pas en tant que genre littéraire, puisque la littérature jeunesse représente aujourd'hui 20% du marché de l'édition, et est encore en croissance. Mais les auteurs et les illustrateurs ont besoin d'être reconnus. Nous essayons de travailler à cela sur Ricochet, en publiant des entretiens avec de jeunes auteurs, et en promouvant les ouvrages nouveaux que nous recevons.
Quelles sont selon vous les dernières évolutions marquantes de la littérature de jeunesse ?TRONG> Dans les albums, ce qui est intéressant, c'est que les jeunes illustrateurs citent les anciens et dialoguent entre eux par livres interposés. C'est une histoire de la littérature de jeunesse qui est en train de se construire. Pour les romans, tout le monde aura remarqué l'arrivée d'envergure des sujets qui font peur. Une autre évolution marquante, c'est aussi le prix des livres, qui ne cesse d'augmenter. Mais comme les ventes ne baissent pas, les éditeurs n'ont aucune raison de ne pas continuer.