Lassés des mauvaises nouvelles diffusées par les médias, Christian, Nicolas et Loïc, trois jeunes diplômés, sont partis pendant treize mois à la découverte d’initiatives généreuses et porteuses d'espoir. Leur tour du monde de l’espérance les a conduits d'associations en entreprises d¹insertion sur les routes de plus de trente pays. Après avoir partagé leurs rencontres en direct avec les internautes, ils nous livrent avec recul leur hommage à tous ceux qui se battent contre le fatalisme et le désespoir dans un livre, L’espérance autour du monde.
Quelle était votre motivation première ?TRONG> Nous voulions aller à la rencontre de personnes qui puissent être des exemples pour nous, qui véhiculent l’esprit d¹entreprise et une profonde foi dans les capacités de l’Homme. On est pas partis pour dire que le monde était rose. Nous sommes allés là où les gens retroussent leurs manches pour montrer qu¹à partir du moment où il y a une situation difficile, il y a toujours moyen de faire quelque chose.
Comment avez-vous préparé ce tour du monde ?TRONG> On l’a préparé en cinq mois, le temps de canaliser notre énergie, d’obtenir des prêts de matériel, d’établir les premiers contacts. En tout, il faut un an entre le moment où l’on dépose le budget et les réponses définitives d¹éventuels sponsors.
Pourquoi cet itinéraire, commencer par l’Afrique plutôt qu¹un autre continent ?TRONG> L'un de nos impératifs était de passer par les pays où l’on avait des contacts intéressants et où la langue ne devait pas être une barrière. D’un autre côté, il faut reconnaître que nous étions un peu flous au départ. Des amis nous ont conseillés de choisir 5 thèmes, pour canaliser nos efforts, et pour un meilleur "traitement" de certains pays, éviter le zapping. Considérer ce voyage comme un projet professionnel fut le meilleur moyen d’être crédible vis-à-vis des médias et de nos sponsors.
Etait-ce si important d'être crédible vis-à-vis des médias ?TRONG> Notre but n¹était pas d’aider sur le terrain, mais de communiquer ce qui était positif du Sahara en Amérique Latine. Au travers du courrier, des commentaires et des réponses à nos reportages sur Internet, on voyait bien que cela "regonflait" les gens. Les médias étaient et sont des relais indispensables pour faire passer notre message.
Comment vous êtes-vous déplacés ?TRONG> Nous avons utilisé tous les moyens de transport existant, et en particulier, une vieille 104, Cindy, pour parcourir le Sahara, et une Trabant de musée, Linda pour la fin du périple, de Bucarest à Paris.
Comment a été perçu le voyage par vos hôtes ?TRONG> Très bien. Surtout au Liban et aux Philippines où des membres d’ONG nous ont dit que le fait de venir les voir était un signe d’espérance en tant que tel, qui les confortait dans l’idée que ce qu’ils font a du sens. Lorsqu’ils sont le "nez dans le guidon", ils ne s’en rendent pas forcément compte. Ils nous ont souvent dits que venir parler d’eux à l’étranger, les motivait et leur donnait une reconnaissance. Ces témoignages étaient aussi importants pour nous, dans le sens où par moment nous avions l’envie de plus nous impliquer, d’être sur le terrain, dans l’action. C’est frustrant de bouger tout le temps…
Est-ce qu’Internet n’a pas pris trop de place dans le voyage ?TRONG> Au niveau matériel, il faut trimballer un ordinateur. Pour se connecter, ce n¹était pas toujours facile parce qu¹il fallait trouver soit un numéro d’accès, soit parasiter une connexion locale, trouver quelqu’un qui te prête la sienne. Parfois il fallait une journée entière pour être en ligne. Il n’y a qu’un seul pays où l’on n’a pas pu se connecter pour des raisons techniques : le Japon.
Comment étiez-vous organisé ?TRONG> Nous avons réservé 1 ou 2 jours tous les dix jours pour rédiger le cyber-journal et préparer des chroniques pour une radio partenaire. Il fallait sans cesse trouver de nouveaux sujets, de nouvelles associations et initiatives. C’était fantastique d’avoir un lien permanent avec tout le monde, l’impression d’apporter quelque chose en direct. Plein de gens nous donnaient de bonnes adresses, soit logistiques, soit pour rencontrer des personnes impliquées dans des actions généreuses. D’autres nous envoyaient des témoignages de soutien, nous écrivaient que notre périple les sortait de la déprime.
Comment s¹est passé le retour ?TRONG> Je n’ai ressenti aucune difficulté à rentrer, parce qu’on fournissait un vrai boulot pro. Ça avait du sens de porter ce message. Nous avons eu un accueil fantastique à notre arrivée et avons ainsi pu réunir 2000, puis 3500 personnes lors de deux soirées à Paris. Écrire le livre a été une nouvelle aventure, et un moyen de prendre du recul sur notre action. Le fait que Dominique Lapierre, l’auteur de la cité de la joie ait accepté d’écrire la préface a été un magnifique encouragement.
La difficulté, c’est aujourd’hui où je postule pour de grands groupes. J’ai hésité à continuer le hope tour, mais je préfère à moyen terme donner mes compétences aux associations que me lancer maintenant. Je pense pouvoir leur être plus utile dans quelques années.
Bibliographie L'espérance autour du monde Boisredon, Fougeroux, Rosanbo, ed Presses de la Renaissance, Paris, 2001.