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WEEK-END > ROMAN
Un entretien avec Jean-Claude Madariaga


Week-end, le livre
X se méfie de l'action qui fait les héros.
Etudiant attardé, intelligent mais paresseux, il vit de l'observation amusée de ses semblables. Nul n'échappe à son étude attentive, pas même Y et W, ses amis. Sous son regard exercé, le spectacle toujours drôle de leurs manies prend fait et cause jusqu'au jour tant attendu où le trio rejoint la population frénétique d'un camping des bords de mer. Commence alors la traversée d'un week-end où les rêves d'aventure et de farniente étoilé seront soumis à la rude épreuve du réel.
Dans ce roman plein d'un humour effervescent, Jean-Claude Madariaga réussit à capter l'esprit d'une génération bien décidée à ne pas devenir adulte. Une grande récréation.

Un extrait / Commander ce texteTRONG>TRONG>
Une critique de Sauter du site La propagation du chaosTRONG>
TRONG>


Jean-Claude Madariaga,
qui êtes-vous - et si ce n'est pas indiscret quel est votre âge ?TRONG>
Marié, trois enfants, études sérieuses, job sérieux.
Age biologique : 37 ans (en ce qui concerne mon âge réel, les avis sont partagés).



Comment présenteriez vous X, le narrateur de Week-end ?TRONG>
X n'a pas de contraintes matérielles aiguës ; il n'a pas non plus de grande préoccupation ou doute existentiel, et il ne s'en cherche pas. Son principal trait de caractère est le refus de prendre au sérieux un monde qui ne l'est pas (contrairement à ce qu'il voudrait nous faire croire).



Votre personnage se situe toujours au bord de l'action, qu'est-ce que ce contrechamps narratif vous permet ou ne vous permet pas ? Et qu'avez-vous contre les action heroes ?TRONG>
Ce contrechamp est indissociable de l'approche "humoristique" ; pour moi, l'humour est la perception du décalage entre ce qui est et ce qui pourrait (devrait ?) être ;  ce qui nécessite un recul, un détachement peu compatibles avec l'action. J'aime bien les action heroes, ils sont toujours amusants à observer. Je plaisante, il se trouve que je suis moi-même un action hero (si, si).



Quelles sont vos techniques d'observation ?
TRONG>Il s'agit moins d'une technique que d'un réflexe : chercher la fêlure, le décalage, sachant qu'il y en a toujours, quel que soit le sujet choisi.

 

Dans votre roman, on perçoit la volonté de toujours mettre votre humour et votre invention à l'épreuve de la réalité, quelles trahisons cela suppose-t-il ? TRONG>
Il est impossible de s'affranchir de la réalité, mais je ne n'y fais référence que pour mieux m'en détacher. Les péripéties banalement réelles des personnages de Week-end ne valent que par le regard qu'on leur porte.



On vous sent à la fois proche et très éloigné d'un auteur comme Michel Houellebecq. Proche, par la distance que vous entretenez vis à vis de vos semblables, la délicatesse avec laquelle vous décrivez leurs moeurs, et dans le même temps, vous en restez éloigné par le ton toujours drôle de vos anecdotes. Que pensez-vous de ses romans et quels sont les effets de leur neutralité esthétique sur votre humeur ?
TRONG>Ses romans ont le mérite de malmener le politiquement correct, ce qui est toujours précieux. En ce qui concerne le ton, je n'aime pas les histoires sombres. C'est trop simple, trop évident. On sait déjà que la vie est plutôt source de déceptions, et quelque part, on se doute que ça finira mal. Mais d'ici là, on peut toujours s'en amuser.



A vous lire on en vient à souhaiter que les romans ne soit plus écrits que par des gens qui s'amusent. Quelles dernières lectures vous ont enthousiasmé ?TRONG>
Pas de dernières lectures particulièrement enthousiasmantes ; je revisite les classiques, avec dans la catégorie "grands anciens" : JK Jerome et S. Leacock et pour les auteurs contemporains, Tom Sharpe, Douglas Adams et Dave Barry. Du côté des films, les Monty Python.



Pensez-vous que les trois jeunes attardés de Week-end soient représentatifs de cette génération adulescente  dont on dit qu'elle ne voudrait plus grandir ?TRONG>
Ils pourraient effectivement en faire partie.
Concernant la génération "adulescente", je pense que la seule nouveauté est le relâchement de la pression poussant à entrer dans la vie active : il est tout simplement plus facile qu'auparavant, d'un strict point de vue matériel, de prolonger la période de "non responsabilité" de l'adolescence.
Je ne crois pas qu'on grandisse, on se trouve simplement pris dans un champ de contraintes plus important. Mais fondamentalement, pour employer une formule bien connue, la principale différence entre les enfants et les adultes demeure le prix de leurs jouets.



Quels sont vos projets d'écriture ?TRONG>
A l'origine, Week-end devait être le tome 4 de la vie et l'oeuvre de X (si un tome entier était nécessaire pour traiter un seul week-end, j'ai toujours considéré que trois tomes seraient bien suffisants pour couvrir les 20 premières années, dont je retiens - pour mon cas personnel- des cours d'allemand suivis -de loin- dans des salles glaciales au mois de Février et une vie sentimentale d'une inanité telle que j'ignorais jusqu'à l'expression avant mes 19 ans).
J'envisage d'écrire un tome 8 ou 9, qui se déroulerait donc quelques années après Week-end.





Propos recueillis par Audrey Cluzel, mars 2003.
Copyright manuscrit.com 2003.TRONG>
 
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