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SI PRÈS DU JARDIN > ROMAN
Un entretien avec Pierre Garçonnat


Le livre
Dans les interstices de la guerre, le narrateur découvre la clandestinité des militants pacifistes, et la présence troublante de Gabrielle qui le fera renoncer à rejoindre le front. La musique subtile de ce premier roman  accompagne longtemps celui qui s'est laissé aller à en tourner les pages. Un rythme feutré, toujours précis, où les mots cristallisent le temps.

Un extraitTRONG>
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Une avant-critique de Bernard GauthierTRONG>TRONG>



6 questions à Pierre Garçonnat
Pouvez-vous vous présenter ?TRONG>
J'ai la tête ailleurs, la vraie vie passe très loin au large, comme une île où il n'y aura pas d'escale. Je suis également professeur d'histoire, c'est parfois enthousiasmant et cela autorise bien des errances.



"Si près du jardin" est votre premier roman. Comment êtes-vous venu à l'écriture ?
TRONG>Je suis venu à l'écriture parce que la vie me laisse sur ma faim, pour ne pas en rester là. Par défi, car la tâche est peut être au-dessus de mes moyens. Par impuissance à m'exprimer par d'autres biais, à l'exception de la photographie.



Le narrateur, jeune médecin en quête d'action héroïque, découvre une temporalité nouvelle, propre à la rencontre amoureuse, faite d'attente, d'instants fugaces, de secondes suspendues. Le roman est-il pour vous le lieu des évolutions inattendues, de l'intemporel ?
TRONG>J'imagine mal décrire par le menu ma vie sexuelle ou la fureur fauve des nuits parisiennes. Le roman tente d'approcher l'état de grâce de l'enfance et de la rencontre amoureuse, lorsque tout est encore possible. Chaque faux pas l'en écarte, chaque phrase doit l'y ramener. Le roman doit être un matin de neige. Le roman doit nous rendre à la nostalgie de l'âge d'or, nous laisser entrevoir notre moitié perdue.



On pense parfois à Julien Gracq en vous lisant. Fait-il partie des auteurs qui ont marqué votre imaginaire ?
TRONG>Julien Gracq ? Oui, mais comment se mesurer à lui ? A mon sens, il y a deux types d'écrivains qui parviennent à traverser le miroir : ceux qui passent en force, avec armes et bagages, comme Gracq et Jünger, certains sud américains, et ceux qui doivent s'en tenir à la ruse et à la persuasion, comme Modiano. J'ai relu vingt fois Le jardin des Finzi-Contini de Georgio Bassani.



Vous qui êtes historien, pouvez-vous nous dire quels mouvements pacifistes ont inspiré les personnages de votre roman ? TRONG>
Comme l'explique Julien Gracq, il n'est pas très bon, en littérature comme dans les brasseries, d'aller visiter les cuisines. Nous pourrions être en 1830, en 1917, en 1943, ou bien en pleine guerre d'Algérie.



Quels sont vos projets d'écriture ?TRONG>
Un second roman est achevé, auquel je tiens beaucoup. J'achève un recueil d'une centaine de petits textes. J'ai un troisième roman en tête, mais qui me donnera l'énergie ?





Propos recueillis par Mélanie Colcanap, mars 2003.
Copyright manuscrit.com 2003.TRONG>
 
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