Le livreTRONG> Abris d'urgence, c'est la poésie urbaine par excellence. Des cristaux liquides de l'écran géant de la gare Montparnasse aux accueillantes pâtisseries orientales de Clichy, Paris prend des allures inédites dans ces poèmes résolument modernes. Un extrait Commander le livre
5 questions à Jack Laborde Pouvez-vous vous présenter ? TRONG>Je suis né à Paris dans le 18ème arrondissement (hôpital Bichat, près du périf) et mon enfance s'est déroulée quelques blocs plus loin dans le 17ème populaire. Adolescent, je souhaitais faire carrière dans la peinture, les beaux-arts... J'ai toujours adoré peindre et dessiner mais au début des années 80, les conseillers d'orientation vous déconseillaient rudement cette voie, alors... je travaille actuellement pour la météorologie tout en pouvant me consacrer à l'écriture et à la musique.
Pourquoi ce titre : Abris d'urgence ?TRONG> D'une part, j'ai pensé que cela était représentatif de notre époque : des vastes ONG à la soupe populaire en passant par les associations caritatives et les gestes de la vie quotidienne aussi simples qu'attendre la fin d'un orage sous une porte cochère ou masquer son malaise dans les volutes du tabac. D'autre part, la lecture mais également l'écriture d'un poème peuvent provoquer des instants d'éternité ou d'arrêts sur image par rapport au réel ; on peut se déconnecter totalement pendant quelques minutes avec un sonnet des fleurs du mal ou un poème de Bukowski. Cela peut faire beaucoup de bien pour continuer à supporter la galère ambiante. La poésie, en tant qu'agent psychotrope autorisé par l'état est par moment le dernier salut pour certains d'entre nous.
Certains de vos poèmes ont le rythme saccadé de la marche. Comment s'est faite l'écriture de ce recueil. Ecrivez-vous directement au cours de vos promenades ? TRONG>J'ai travaillé de façon intuitive ou inconsciente et intime avec les musiques populaires (jazz, jazz-rock, punk, bossa-nova, biguine…), pratiquant la guitare jazz depuis pas mal de temps, cela m'a sûrement aidé, de plus, les tableaux parisiens sont courant dans le recueil. Il y a même une chanson, c'est à dire pas complètement un poème, faisant référence à la grande Yvette Guilbert. Ce recueil s'est élaboré sur plusieurs années. Revendiquant mon droit à la paresse, je prends tout le temps d'écrire. Même si je sors souvent en compagnie d'un petit carnet et d'un stylo bille pour capter les flashs ou griffonner les futilités que déclenchent après coup les idées poétiques. La véritable phase créative si j'ose dire se pratique ensuite dans l'isolement devant le papier ou l'ordinateur, en silence, dans un état avancé de surexcitation intellectuelle.
Votre univers est très contemporain. Pensez-vous que la poésie doit s'ancrer dans son époque ?TRONG> Je n'ai aucune certitude là dessus mais c'est en tout cas un choix, une possibilité. J'essaye pour l'écriture, le fond, d'être en résonance avec l'époque mais je tiens aussi à rester simple et populaire, d'où la forme très classique des textes et le choix de mots pris dans le langage le plus courant. Il me serait difficile de ne pas faire transparaître les turpitudes et les ivresses contemporaines auxquelles viennent s'ajouter les échos d'un passé de quelques dizaines d'années.
Quels sont vos projets d'écriture ? TRONG>Je travaille un texte en alexandrins qui fait directement référence à Bernard Dimey avec son bestiaire de Paris, c'est assez nostalgique, assez noir mais lucide ; "il est toujours joli le temps passé" clamait Brassens… J'ai aussi sous la main une poignée de poèmes terminés cependant qu'une nouvelle d'un genre série noire baroque est à l'essai. Je suis dans une phase de recherche où j'essaye d'entrer en contradiction avec ce que j'ai fait.
Propos recueillis par Jean-François Dauven, mars 2003. Copyright manuscrit.com 2003.TRONG>