Rechercher
Lettre d'info
 
Voir mon panier  


 
 
 
KARLHEINZ > NOUVELLES
Un entretien avec karin Lubowa


Le livre
Les séquences sont courtes, le style limpide. Karin Lubowa campe ses atmosphères avec grâce et précision, ménage ses effets, et finit toujours par surprendre. Mais la plus grande qualité de ce recueil est ailleurs : dans l'amour que l'auteur éprouve manifestement pour ses personnages.
Un extrait
Commander ce livreTRONG>
TRONG>




5 questions à Karin Lubowa
Pouvez-vous vous présenter ?TRONG>
J'ai appris à lire rapidement pour pouvoir satisfaire seule ma soif de bouquins et à six ans, je décidais de devenir poète ou romancière.
Elevée par une grand-mère polonaise, une mère professeur d'anglais et un père qui travaillait dans le commerce international, je me suis sentie très vite attirée par ce qui se vivait et s'écrivait hors des frontières. Il me semble que ces deux éléments, un amour forcené de la lecture et une forte attirance pour l'étranger sont ce qui me définit le mieux.
J'ajouterais aussi un étrange lien avec la Martinique, apparu quand j'avais dix-huit ans alors que rien ne m'y prédisposait. Ce lien s'est développé et renforcé avec les années dans de multiples aspects de ma vie, à tel point qu'il m'arrive parfois de sentir un coeur de mulâtresse caché sous ma carnation slave.



Votre recueil porte le nom de sa première nouvelle. La jugez-vous emblématique ?
TRONG>Elle l'est certainement. Karlheinz décrit certains avatars relationnels ; la banale et épouvantable histoire du manque de courage d'Anna, l'héroïne, alors même qu'elle aime profondément ce soldat autrichien, s'inscrit bien dans la ligne du recueil.



Votre présentation évoque un "bal des liens" : qu'est-ce qui unit les différentes nouvelles de ce recueil ?TRONG>
C'est l'exploration de facettes relationnelles variées, des liens étranges, beaux ou pervers que tissent les humains. Ainsi le lien qu'on n'ose pas tisser totalement par peur de quitter un quotidien sécurisant dans "Karlheinz". Le lien inexistant et les souffrances qu'il génère dans "Sabine Ouahioune". L'érotisme des "Cheveux de Gabriel" constitue l'expression physique d'un véritable lien amoureux. Dans "Quelques fleurs", il s'agit du besoin gratuit de nuire en détruisant un lien - sans doute par jalousie. Dans "Clones", le lien cette fois a été rompu et l'héroïne craint autant qu'elle le désire en créer un nouveau. La difficulté d'assumer l'homosexualité, lien très particulier socialement, est décrite dans "La frangine".
Dans "Je suis Maître Trouy", je décris avec ce personnage abject un des plus tristes liens qui soient : la vénalité. Enfin, "Banlieue blues" se penche sur le fait divers affligeant et particulièrement sur l'affligeante sécheresse de coeur de son auteur, qui a avili un lien de confiance presque filial.  Vous voyez, partout revient ce thème des attaches humaines.



Vous semblez pleine d'affection pour la plupart de vos personnages. S'inspirent-ils de gens que vous avez rencontrés ?TRONG>
Les êtres humains, la vie humaine me fascinent. Je suis toujours époustouflée de découvrir la variété infinie des trajectoires et de constater à quel point nos vies reflètent nos choix, conscients ou non, raisonnés ou pas. C'est presque effrayant, parfois ! J'ai lu beaucoup de biographies et d'autobiographies : au-delà de l'aspect culturel, je suis toujours infiniment curieuse de savoir comment à partir d'une donne initiale précise (sociale, culturelle, historique, affective) un être humain construit sa destinée en modelant ces éléments, en assumant des choix ou des refus - qui peuvent d'ailleurs s'avérer positifs et constructifs.
Ajoutez à cela que je suis très sensible, trop peut-être, vous comprendrez que je m'attache tant à mes personnages. Certains sont réels : Anna de "Karlheinz" est très largement inspirée de ma grand-mère polonaise. Elle est âgée, je l'aime et j'avais envie de "fixer" un moment charnière de son vécu. J'ai connu aussi un notaire qui m'a beaucoup inspirée pour "Je suis maître Trouy". J'ai écrit la nouvelle "Le Didier du 28" de "Retour au morne Constant" à partir d'une anecdote entendue dans un dîner. De même, l'idée de "La frangine" vient d'une vague histoire entendue d'une copine de copine, mais qui m'avait frappée. Mais d'autres sont créés sont complètement imaginaires.



Les rêves et les espoirs occupent une grande place dans la vie de vos personnages, au point de l'emporter parfois sur la réalité. Pensez-vous que la vie soit plus dure pour les rêveurs ?
TRONG>Cette caractéristique du recueil ne m'était pas venue à l'esprit, mais maintenant que vous me le faites remarquer, vous avez sans doute raison !
C'est vrai que les personnages de "Karlheinz" rêvent beaucoup : Anna d'une vie meilleure puis de son amant parti, Sabine d'effacer toute trace de son père, Marlène et Vincent l'un de l'autre, Célia de construire à nouveau...
Ceci étant, je ne crois pas que la vie soit plus dure pour les rêveurs. Il me semble au contraire qu'il faut rêver d'abord sa vie pour pouvoir bien la construire ensuite. Je crois que le rêve est porteur d'action future et qu'il n'est dangereux ou frustrant que quand on n'essaie jamais de le transformer en réalité. Pour ceux qui ne rencontrent pas d'entraves inconscientes susceptibles de faire d'eux des velléitaires, le rêve constitue certainement une puissante motivation. Comme les athlètes qui se rêvent vainqueurs... pour pouvoir gagner ! Le rêve est aussi, à mon avis, un vecteur de sensibilité, un canal pour toute création artistique. Pour tout progrès, en fait : car comment trouver le courage d'entamer un projet, quel qu'il soit, si l'on n'a pas devant les yeux un rêve pour faire office de guide ?
Voilà le point de vue d'une rêveuse pragmatique !



Quels sont vos projets d'écriture ?
TRONG>Je travaille en ce moment sur un roman, "Ma vie dans la peau d'un ange", déjà bien avancé et que j'espère finir d'ici la fin de l'année.
J'ai aussi jeté les bases d'un essai sur la monoparentalité auquel je compte travailler.
Enfin, je me documente beaucoup dans le but d'écrire, plus tard encore, une longue saga familiale allant de la fin du 18ème à la fin du 20ème siècle, se déroulant entre la Martinique, la France et les Etats-Unis. En effet, j'ai découvert en 95 que le grand-père paternel de mes enfants, émigré aux USA en 1947, était d'origine martiniquaise. J'ai effectué à la suite de cette découverte des recherches généalogiques qui se sont avérées passionnantes ! Je suis arrivée à la conclusion que l'ancêtre né en 1783 à Fort-de-France "de père et de mère inconnus" était le fils illégitime d'un planteur béké et d'une esclave, sans doute une mulâtresse, une quarteronne ou une câpresse. Son histoire et celle de ses descendants est mouvementée et pleine de rebondissements. J'aimerais faire à mes enfants le cadeau d'un roman inspiré de leur histoire familiale. Mais pour parler de cette île, ma deuxième patrie, dans un contexte historique cohérent, il me faudra lire encore beaucoup...





Copyright manuscrit.com 2003.TRONG>
 
Veuillez vous connecter pour laisser un commentaire sur cette actualité.
Si vous ne possédez pas de compte, créez en un ici


Copyright © 2001 - 2008  Editions Le Manuscrit
Tous droits réservés

 

Identifiant
 

Mot de Passe
Oubli du mot de passe cliquez ici

Manuscrit Université
Essais & Documents
Récits & Témoignages

Roman
Romance
Roman noir
Régions
Erotisme
SF / Fantastique
Marges

Nouvelle
Jeunesse
Poésie
Arts & Scénario
Pratique



Mentions légales

Conditions
générales de vente


Contactez-nous
 
Nos principaux partenaires