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DIX HISTOIRES QUE LE VENT M'A SOUFFLÉ DANS LE CREUX DE L'OREILLE>JEUNESSE
Un entretien avec Annie Corsini


Le Livre
Quel est le point commun entre un jeune Touareg du Sahara et une fille new-yorkaise ? Entre un jeune africain du Kenya et une fille du fond de l'Inde, rescapée de sa destinée misérable ? Entre la vie douillette d'une collégienne parisienne et un petit aborigène d'Australie ? A première vue, aucun. Rien ne semble lier ces jeunes adolescents séparés par des centaines de km, aux quatre coins de la terre. C'est sans compter avec le vent ! Les distances terrestres et culturelles s'obstinent à nous séparer mais le vent, cet élément unificateur tend à nous lier. Le vent, ce merveilleux conteur (pour qui veut bien l'entendre), est à l'origine de ces récits.  
Un extrait
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TRONG>




7 questions à Annie Corsini
Pouvez-vous vous présenter ?
TRONG>Je m'appelle Annie Corsini-Karagouini, et je suis Suissesse d'origine grecque.
Je suis née il y a 49 ans dans un village de la grande plaine macédonienne, au nord de la Grèce. J'ai effectué mes études universitaires en mathématiques à Athènes. J'ai ensuite obtenu un diplôme du 3me cycle en Astronomie-Astrophysique à l'Université de Genève. J'ai deux enfants et je travaille dans  l'informatique depuis bientôt 25 ans. Avec ce parcours plutôt scientifique et technologique, rien ne me prédisposait à l'écriture. A un détail près : raconter des histoires était ma passion de toujours. Un vieux rêve d'enfant qui avec l'âge, a resurgi impérieusement ! Comme les vieilles maladies d'enfance mal guéries dont on se croit débarrassé, mais qui vous reviennent après la quarantaine avec une force renouvelée. 



Vous avez grandi en Grèce et vivez  aujourd'hui en Suisse. Le thème du voyage vous tient-il à coeur ? Ces  voyages ont-ils influencé l'écriture de vos contes ?
TRONG>Voyager est au centre de ma vie. Plus qu'un simple déplacement, un déroulement de paysages variés et des climats exotiques sous nos yeux, voyager est une invitation à réfléchir sur le différent et sur l'inconnu. Une autre approche de nos rapports avec le monde qui nous entoure. Rencontrer des gens d'autres latitudes c'est bien, aller vers eux, discuter de leurs problèmes et partager leurs joies c'est encore mieux ! C'est ce que j'essaie de mes contes-voyages. J'ai beaucoup voyagé moi-même : en Afrique, aux USA, en Europe bien sûr et au Moyen Orient. Cependant, dans mes contes il n'y a qu'une infime partie de vécu. La plupart proviennent de l'imaginaire. En les écrivant, je me plongeais dans le décor du pays et j'essayais d'y vivre ! 



Dans votre démarche  réaliste, quelle importance accordez-vous respectivement à l'imagination et la  documentation ? TRONG>
La documentation est à la base du récit. Des semaines avant de commencer l'écriture, j'allais me documenter sur le sujet : le pays, les habitants, le cadre de vie, l façon dont ils s'habillent, dont ils mangent, leurs croyances, leur histoire et les blessures qu'elle a laissées. J'ai essayé d'être fidèle à cette réalité décrite par d'autres auteurs (je donne la liste de livres et guides touristiques utilisés comme références à la fin de mon ouvrage). La documentation reste le canevas, la trame du récit. Ensuite s'ajoute l'histoire, l'aventure, l'action. Là c'est mon élément !
Tous les contes sont imaginaires, à l'exception de deux qui contiennent des faits réels. Je ne dévoilerai pas lesquels, car tous pourraient être authentiques !
Et l'on sait que la vie elle-même compose les meilleures histoires qui soient !



Pourquoi avoir choisi la période si particulière de l'adolescence pour évoquer vos personnages ?TRONG>
Je me sens proche des jeunes gens, car leurs préoccupations et leurs angoisses pour le futur me tiennent à coeur. Par ma propre expérience, celles-ci me paraissent encore très fraîches dans ma mémoire.
A l'époque où j'ai décidé de me mettre à l'écriture, mon fils Alexandre avait 15 ans. C'est un enfant habitué à la rapidité et l'interaction. Il passe des heures avec ses jeux vidéo. Pourtant, lorsque je lui ai posé la question :
- Je sais que tu n'aimes pas lire, mais si l'envie te venait qu'est-ce que tu aimerais lire ?
Il m'a répondu à mon grand étonnement :
- Eh bien, j'aimerais savoir comment vivent des jeunes comme moi aux quatre coins de la terre. En Inde, au Pôle Nord...., ailleurs !
C'est ainsi que l'idée d'écrire ce livre m'est venue ! Pour satisfaire la curiosité d'un adolescent. Et j'espère celle de beaucoup d'autres, sans exclure les adultes qui ont gardé leur âme d'enfant !



Dans  votre introduction vous posez la question du point commun entre un jeune Touareg du Sahara et une adolescente new-yorkaise. Qu'est-ce qui unirait ces deux enfants aujourd'hui ?
TRONG>Le fait qu'ils soient des enfants ! L'âme humaine ne connaît ni les races ni les latitudes géographiques. L'"épiderme" culturel est une couche bien mince pour nous différencier les uns des autres. Et tous les enfants ont droit à une enfance. Une autre enfance que celle de la dure réalité, du travail forcé, de la misère que les adultes leur imposent... Alors entre l'enfance dorée de la petite New Yorkaise et celle, promise au labeu,r du jeune Touareg, je vois énormément des points communs dont le plus grand est : l'envie de communiquer et de partager !
" Les dix histoires que le vent m'a soufflées au creux de l'oreille "  ont le point commun d'être narrées par des jeunes enfants, appelés à porter chacun sa destinée, à affronter les réalités de la vie quotidienne. Chaque histoire porte un message d'espoir délivré à la jeunesse. 



Le  produit de la vente de ces ouvrages sera intégralement reversé à une ONG lors du  prochain Salon international du livre francophone de Genève. Pouvez-vous nous  parler de vos actions aux sein de cette organisation ?TRONG>
En effet, j'ai offert les droits d'auteur de ce livre à l'ONG "Sentinelles", fondé par Edmond Kaiser à Lausanne. J'ai choisi cette ONG pour son engagement en faveur des enfants défavorisés à travers le monde (l'Inde, la Colombie, le Kenya etc). Je collabore de différentes manières et pas seulement financières. Quelques-uns des héros de mes contes pourraient très bien être des enfants pris en charge par "Sentinelles". Leur verser cet argent est une façon de passer du conte à l'acte. Au prochain Salon International du Livre francophone à Genève, le public aura la possibilité de l'acheter. 



Quels sont vos  projets d'écriture ?TRONG>
Quand on travaille à plein temps comme moi, avec encore un foyer à sa charge, il reste peu de temps disponible à consacrer à l'écriture… J'écrirai, c'est sûr, jusqu'à ma vieillesse ! Je le ressens comme un plaisir, en même temps qu'un engagement personnel.
Je pourrais continuer à écrire sur la même lancée, d'autres histoires semblables à celles "que le vent m'a soufflées au creux de l'oreille". Cela dépend de l'accueil que le public fera à mon "baptême de l'encre". Je souhaite également trouver un éditeur intéressé par sa publication et que le livre puisse paraître, illustré par les dessins d'une jeune artiste...





Propos recueillis par Anne-Laure Arnault, mars 2003.TRONG>
Copyrignt manuscrit.com 2003. TRONG>
 
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