Après sept mois de lutte contre le prêt payant, la Guilde des Auteurs vient de voir le jour. Pendant trois ans, elle compte apporter la voix des auteurs indépendants dans toutes les discussions sur la chaîne du livre.
Il y a deux semaines, le conseil d’administration a confirmé les places de Jean-Marie Laclavetine comme président, Patricia Menay comme trésorière et Baptiste Marrey au poste de secrétaire. La Guilde des Auteurs est ambitieuse. Elle vise à proposer de nouvelles vues sur la chaîne du livre, loin de tout corporatisme, pour recentrer la place de l’écrivain dans la société. PAN>Même si la grande presse ne leur fait pas beaucoup d’échos, la Guilde des auteurs se veut le porte-parole des auteurs indépendants. “Nous avons voulu créer cette association parce qu’avant, les seuls interlocuteurs étaient le SNE et la SGDL, mais ils ne représentent pas la totalité des auteurs”.PAN> PAN> Ce petit nombre d’auteurs éclairés a déjà réussi à inverser la vapeur. Il y a près d’un an et demi, un front commun d’éditeurs et d’auteurs soutenait le prêt payant dans les bibliothèques. PAN> Maintenant, au moins la moitié des auteurs s’insurgent contre ce projet remarque Baptiste Marrey. La Guilde prône la gratuité par principe mais aussi par bon sens. Les bibliothèques incitent les lecteurs à découvrir de nouveaux livres qui suscitent des achats.PAN>
La plus grande avancée se traduit par la proposition concrète du ministère de la Culture. Le prêt payant suivrait un calcul savant : une taxe de 10 francs indexée sur la moyenne nationale d’inscrits dans les bibliothèques, soit 18,2% de la population. Mais surtout, pas plus de 5 à 10% de remises sur les livres, gage d’hétérogénéité pour Baptiste Marrey. Baisser le prix des livres reviendrait à favoriser les meilleures ventes au détriment de lectures plus difficiles qui tendraient à disparaître. PAN>PAN> PAN> Il faut au moins trois ans pour arriver à un décret d’application, durée de vie de l’association. En s’autodétruisant, la Guilde espère bien prouver qu’elle n’est pas une dissidente de la SGDL. “La Guilde a la volonté de ne pas s’institutionnaliser” résume Baptiste Marrey. Mais déjà, deux courants se dessinent au sein du mouvement : ceux pour la reconnaissance du professionnalisme et ceux qui élèvent l’écrivain au rang d’artisan. La Guilde des Auteurs n’a plus que trois ans pour vivre, à moins qu’elle n’implose avant.PAN>