Le livre Comment aider l'adolescent à devenir un adulte accompli, responsable, épanoui ? Par des politiques publiques dynamiques ; une reconnaissance, une tolérance de la différence ; un lien intergénérationnel de respect des valeurs juvéniles ; la protection des adolescents fragilisés ; l'éducation familiale et scolaire ; l'insertion professionnelle et par le temps libre ; des droits et une influence dans la Cité ; l'éducation à la santé psychosomatique. L'intérêt de la réflexion proposée tient autant à l'analyse des problématiques abordées, qu'aux éléments de réponse suggérés et aux propositions d'avancées émises. Ce triple éclairage fonde toute la pertinence d'un regard neuf et acéré sur les grandes questions des jeunes de notre temps. Un extrait TRONG>Commander le livreTRONG>TRONG>
6 questions à Yves REMY Pouvez-vous vous présenter ?TRONG> Docteur en Sciences humaines et sociales, je suis consultant pour les questions d'Education et de Jeunesse,conseil et coach de l'adolescent et du jeune. Mes activités sont doubles. D'une part, conseiller certains décideurs institutionnels privés et publics, à propos des politiques ou des dispositifs et actions spécialisés qu'ils entendent conduire pour des publics plus ou moins larges de jeunes de 12 - 24 ans. Cela concerne des jeunes en difficulté ou non, en matière familiale, éducative, professionnelle, récréative, culturelle, des idéaux et des engagements. D'autre part, suivre des adolescents qui ont besoin d'aide psychologique et de conseil. Il s'agit, en l'espèce, non seulement d'écoute et de compréhension, mais aussi de conseil interactif par l'échange et l'introspection. Le but est de réassurer et de réadapter le sujet par la conviction induite et déduite que la "solution" à sa problématique est, avant tout, endogène (propre à l'individu), avant d'être exogène (liée au milieu).
La première étape consiste à identifier les facteurs de blocage par une conscientisation des états nocifs. La seconde, à repérer les éléments de résilience des souffrances par ancrage d'un moi positif. Le dernier processus est la résolution tangible des collapsus par un cheminement volontariste de dépassement. La pratique cognitive et comportementale suivie consiste à faire changer les façons de voir les choses, en faisant prendre conscience des différences existant entre la réalité avérée et l'interprétation négative fausse qui en est faite, pour modifier les attitudes inadéquates et mieux s'épanouir. L'essentiel est de combattre les enfermements mutiques autistiques de l'adolescent, pour éviter les issues parfois irréversibles, notamment de type suicidaire. Au-delà, mon action se donne pour objectif de " défendre la cause des adolescents ", pour reprendre une expression chère à Françoise Dolto. Cela consiste à alerter les médias, l'opinion, les politiques, sur les attentes, besoins et réalités difficiles des jeunes de notre pays. Cela passe par diverses interventions publiques et médiatiques : colloques, émissions, rencontres, écrits, etc. L'objectif est de familiariser le public sur les questions d'éducation et de jeunesse, et de mieux faire connaître l'adolescent, qui reste largement méconnu en France. Je souhaite, en cela, contribuer à réduire les préjugés dépréciateurs qui frappent encore d' "interdit social" nos cadets.
Votre essai est celui d'un praticien des questions de jeunesse : pourquoi avoir choisi le vecteur de manuscrit.com pour exprimer votre enquête de terrain, alors qu'on s'attendrait plutôt à une publication dans une revue spécialisée ?TRONG> Je réserve habituellement mes contributions scientifiques d' "expert de l'adolescent" à des publications techniques spécialisées, quand la nature de mes écrits les destinent à un cercle restreint de spécialistes concernés. En l'occurrence, l'essai qui est publié par Le Manuscrit est de nature et d'objectif radicalement différents. Il ne s'agit pas, à proprement parler, d'une enquête sociologique de terrain, mais d'une vaste réflexion générale, transversale et pluridisciplinaire, de type holistique, sur les états de notre jeunesse française contemporaine. La visée envisagée se veut, avant tout, philosophique et morale, didactique. Il s'agit de toucher un vaste public interpellé par ce thème de société majeur : parents, enseignants, éducateurs, jeunes eux-mêmes, décideurs de toutes sortes. Il ne s'agit, en aucune façon, d'un ouvrage savant destiné à un lectorat "averti". Le propos est délibérément compréhensible par tous. La plupart des principaux textes écrits en France sur l'adolescent le sont encore par des médecins psychiatres spécialisés. Cela renvoie à une conception dépassée de l'adolescence : celle qui avait cours au dix-neuvième siècle, qui envisageait alors ce temps de vie comme une véritable pathologie en soi. On évoquait l'hébéphrénie : excitabilité nerveuse motrice extrême des adolescents, jugés incapables de stabilité physique, psychique et sociale.
La réflexion habituelle sur l'adolescence est donc plutôt psychomédicale ou sociologique, rarement philosophique. Une philosophie de la jeunesse reste encore à inventer. J'ai donc choisi un éditeur en ligne moderne, accessible à tous. N'oublions pas que le réseau Internet est le nouvel outil de communication par excellence et qu'il est massivement plébiscité et utilisé par les 12 - 24 ans ! C'était, par conséquent, le meilleur moyen de toucher un public juvénile impliqué au premier chef par mon livre. Ce dernier est né du contexte des dernières élections présidentielles et législatives françaises. L'Elysée m'avait alors consulté, en tant qu'expert, quant à mon appréciation sur l'évolution des jeunes Français et sur la meilleure façon pour un chef d'Etat en campagne, de s'adresser à eux. Ensuite, dans la conjoncture de l'installation du nouveau gouvernement et de l'instauration d'une nouvelle politique de la Jeunesse, le cabinet du Premier ministre m'avait demandé de lui faire des propositions analytiques et prospectives concrètes, sous la forme d'un rapport officieux, afin de nourrir la réflexion des pouvoirs publics, dans mon domaine de compétences.
Le texte aujourd'hui publié par Le Manuscrit, en est une émanation directe. Quel en était l'objectif propre ? De la façon la plus simple et basique qui soit, démontrer, champ par champ, que le sort réservé à nos adolescents sous tutelle n'est pas aussi enviable et riant que les adultes au pouvoir, quels qu'ils soient, veulent bien nous le faire croire. Prouver que des solutions d'avancées correctrices existent et sont parfaitement applicables et accessibles, réalisables de façon raisonnable et efficace. En définitive, j'ose affirmer, ce qui est bien peu "politiquement correct", que les intérêts juvéniles ne cessent de diverger de ceux des adultes, adultes qui ne tendent qu'à consolider leur imperium au détriment de leurs cadets, le plus longtemps et le plus absolument possible.
Vous évoquez la "guérilla intergénérationnelle" qui empêche la réalisation des "droits psychiques indépassables" (expérimentation / consolation ; récompense / réconfort…) des adolescents. Cela veut-il dire que, d'une manière structurelle, l'adolescent n'a pas sa place - la place substantielle qui lui revient - dans le monde moderne?TRONG> Les jeunes occidentaux contemporains, français tout particulièrement, sont frappés d'un sextuple syndrome qui ne fait que s'aggraver avec l'avancée du temps. Leur mal de vivre existentiel est d'ordre représentatif, moral, social, sanitaire, intégratif, politique. La nouvelle génération peine à devenir adulte car la logique qui lui est imposée est faite de conditionnement, de dépendance et d'assujettissement, c'est-à-dire d'exclusion, bien plus que d'authentique accomplissement libérateur vers la maturité et la pleine participation sociale. Nos cadets souffrent d'une image de marque globalement négative, tant de la part des médias, que de la société entière. Considérés de façon suspicieuse, dépréciatrice, hostile même, les jeunes ne sont crédités que du pire et cela nuit à leur bonne insertion sociale. L'accent est mis sur les travers réels ou supposés de la minorité dévoyée ou marginale. Sans représentativité aucune de l'immense majorité, l'image juvénile est ternie et brouillée.L'appréhension morale de la jeunesse est nocive et erronée. Elle consiste à ne la considérer que comme valeur virtuelle hypothétique future et non comme richesse actuelle en soi. L'adolescent n'est pas reconnu comme un potentiel à part entière, mais comme un adulte en devenir. Sa légitimité existentielle n'est pas intrinsèque, acquise, mais conditionnelle. Seul l'adultisme est censé pleinement valider le temps de jeunesse, lors de son achèvement.
Les jeunes sont privés d'un authentique statut, rôle ou idéal social. Ils n'existent qu'en tant que consommateurs : consommateurs d'éducation et de biens et loisirs récréatifs et culturels. Cet espace strictement consumériste hédoniste et mercantile est des plus étriqués. Il enferme l'adolescent dans une non-représentation, dans une invisibilité sociale délétères. Considéré comme inapte à l'essentiel, il est renvoyé à l'inexistence et au désengagement. La santé des jeunes n'est pas aussi satisfaisante que l'on pourrait le croire. Non attendus et entendus dans leur société, ils souffrent dans leur psychisme et donc dans leur corps. Addictions toxiques de toutes sortes, automédications notamment barbituriques et neuroleptiques, accidents, surtout routiers, conduites à risques, suicides, tentatives de suicide, idées suicidaires, stress, dépressions, mal-être, fatigues, douleurs et insomnies se multiplient. La première cause de mortalité chez les 15-24 ans est l'accident, dont un cinquième serait du suicide déguisé. La seconde cause mortifère juvénile est le suicide. La France est en tête en Europe avec mille morts par an et cinquante mille tentatives. L'insertion sociale des jeunes est problématique puisque les grands pôles traditionnels de cette socialisation ne fonctionnent plus ou mal. La famille se replie sur le confort et la facilité de son seul rôle affectif, au détriment de son devoir éducatif. L'école n'est plus un vecteur d'ascension sociale. L'acquis s'efface devant l'inné. Elle est agent de sélection, plus que d'éducation. Ses moyens sont inadaptés, elle manque d'ouverture. Elle conforme plus qu'elle ne forme. Les élèves souffrent de mauvaise orientation, de violences et d'échecs scolaires.
Cent cinquante mille jeunes sortent chaque année du système éducatif sans qualification aucune ou avec une certification insuffisante ou inadaptée. L'emploi juvénile n'est plus un passage valable vers l'adultisme puisqu'il est largement instable, précaire, déqualifié, de plus en plus reporté dans le temps ou inaccessible. Le taux de chômage des jeunes est toujours le double de celui des adultes. La stabilisation professionnelle n'intervient qu'à la trentaine accomplie. Le loisir juvénile est plus sujet à ennui, frustrations et violences qu'à un authentique épanouissement. Il est médiocre et mercantile. La délinquance des jeunes a augmenté de 80% depuis dix ans. Elle est de plus en plus généralisée, précoce, lourde et récidiviste. Les engagements des adolescents sont freinés par leur inertie naturelle et surtout par le découragement induit par l'indifférence et l'opposition soupçonneuse des adultes. Les adolescents souffrent de l'absence, en France, d'une véritable politique nationale générale de la Jeunesse. De ce fait, programmes, structures, budgets adéquats font défaut. Il n'y a pas de réelle volonté politique d'agir, ni de claire prise de conscience des vrais besoins, attentes, réalités et problématiques juvéniles. La logique qui prévaut à l'égard des jeunes est donc celle de l'exclusion, du déni et de la non-reconnaissance. Il n'existe pas de nette représentation de ce qu'est cette classe d'âge. L'on élude la question de savoir quel projet cette société se donne pour ses juniors. Aucun idéal moral valable ne leur est proposé.
Quelles sont, selon vous, les conditions, pragmatiques et effectives, d'une intégration sociale de la jeunesse dans le corps communautaire ? TRONG>Que faire ? Les moyens de réaliser une plus sûre participation des adolescents à la bonne marche de leur propre société, découlent directement du constat des ostracismes qui les frappent, observés plus haut, et de leur résorption. Il s'agit alors de modifier l'image de marque défavorable accolée indûment aux jeunes ; de rectifier l'appréhension morale faussée qui leur est réservée ; de leur conférer un rôle et un idéal sociaux authentiques et élargis ; d'opérer un meilleur suivi préventif et curatif de la santé psychosomatique adolescente ; de réactiver le rôle des grands pôles de socialisation juvénile ; d'instaurer une vraie politique nationale et territoriale globale de la Jeunesse. La représentation collective, médiatique et sociétale que se donnent les adultes des jeunes sera plus objective et valorisante en combattant les préjugés - réflexes hostiles qui les frappent. Le moyen en est d'ordre pédagogique et médiatique, en permettant aux adolescents de s'exprimer publiquement plus souvent et librement, pour se faire mieux valoir, comme ils sont réellement. Ce, loin de tout fantasme imaginaire. La conception morale de l'adolescence doit aussi changer en faisant accepter aux adultes le fait que tout jeune représente une richesse concrète actuelle en soi. Ses capacités réelles doivent donc être évaluées pour ce qu'elles sont objectivement, sans minoration systématique. Tout adolescent doit pouvoir ainsi apporter sa contribution, telle qu'elle est effectivement et pour ce qu'elle est, à sa plus juste valeur.
Le rôle social de l'adolescent doit être réévalué et élargi à d'autres sphères que celles, traditionnelles, de la formation et du loisir consumériste. Hors champ éducatif et économique, le jeune doit se voir reconnaître son juste poids politique, social, moral, etc. Jeunes et adultes doivent apprendre à se connaître et reconnaître mutuellement, à coopérer ensemble à des projets d'intérêt commun. En tous domaines, des passerelles d'action doivent se multiplier. Les adolescents doivent être en mesure de réaliser leurs talents sans attendre, en s'en voyant accorder les moyens concrets, en particulier dans l'emploi. La santé des jeunes peut être grandement améliorée par des campagnes mieux ciblées de sensibilisation incitative contre les dangers et les pratiques à risques notamment. Dépistages, suivi, information, formation psychosanitaires, doivent progresser, en particulier en milieu scolaire. Il vaut mieux " prévenir que guérir ", surtout à cet âge si évolutif de vie. L'accent doit être prioritairement mis sur la prévention des suicides et dépressions qui font des ravages chez l'adolescent.
Aucune véritable insertion juvénile n'est possible si les sphères de socialisation adolescente ne fonctionnent plus ou mal. Il s'agit pour l'adulte de se réapproprier son magistère transmissif. A défaut de guidance sûre, aucun jeune ne peut réellement grandir. La famille doit être aimante, mais aussi éduquer. L'école doit former efficacement et non se contenter de " prédire ", confirmer, susciter ou contrarier des trajectoires sociales. Il faut revoir la place des jeunes dans l'emploi par une rotation plus rapide des générations aux responsabilités. Il s'agit également de redéfinir le temps libre et les engagements des jeunes, sur un mode moins mercantile et empreint de vacuité, plus enrichissant et valorisant. Ce, par des activités, manifestations et équipements de qualité et adaptés à leurs attentes. Le besoin de réalisation d'idéal de l'adolescent doit être aussi reconnu, encouragé et accompagné en liberté, selon ses aspirations profondes. Le pays doit prendre conscience de l'impératif de planifier une politique cohérente de la Jeunesse, avec des programmes, structures et budgets adéquats et adaptés. Cela passe par une volonté et une prise de conscience politiques de l'urgence et de la nécessité de mieux traiter et accueillir la jeunesse, non seulement dans l'intérêt de celle-ci, mais aussi dans celui de l'avenir de l'ensemble du corps social.
Il n'est tenu compte que des seuls besoins matériels de la jeunesse ou de ce que l'on croit tels. Ses attentes immatérielles profondes sont trop systématiquement ignorées. Ainsi, l'idéal moral, spirituel, d'échange, d'engagement, psychoaffectif, des adolescents ne trouve pas à s'exprimer ou très imparfaitement. Il existe une aide pour les " cas sociaux " les plus lourds, des structures pour le loisir ou l'orientation administrative, scolaire ou professionnelle. S'ajoutent les médiations " psy " en tous genres. Or, l'immense majorité des jeunes, ceux des classes moyennes, ne sont ni en difficulté socioéconomique particulière, ni ne requièrent de thérapie psychiatrique, psychologique ou psychanalytique. Ils ont simplement besoin d'écoute, de conseil, de dialogue, d'accompagnement, d'empathie, de compassion, d'encouragement, de consolation, d'éclairage, sur tel ou tel questionnement personnel qui leur tient à coeur. Ils ne trouvent pas assez d'interlocuteurs qualifiés pour cela. D'où l'intérêt de l'instauration d'un nouveau métier au service de tous les jeunes : celui de conseil aux adolescents, comme cela existe dans maints autres secteurs. Le monde moderne est de plus en plus complexe et sophistiqué. De moins en moins d'adultes sont disponibles et compétents pour guider les plus jeunes, dans le plein respect de leur liberté, de leur spécificité et de leurs attentes. L'idée est donc d'instaurer des " consultations de conseil aux adolescents " gratuites, pour tous ceux qui le souhaitent. Il s'agit là d'une mission d'intérêt général qui devrait être prise en charge par les collectivités territoriales telles les villes ou par l'Etat. Cela aiderait, n'en doutons pas, de nombreux jeunes à mieux réussir leur difficile parcours vers une maturité adulte plus accomplie, aisée et responsable, épanouie surtout…
Vous appelez de vos voeux dans votre conclusion "une année nationale ou européenne de la Jeunesse" et la création d' "un conseil européen des Jeunes" : ces mesures ne ressortissent-elles pas à un ordre purement symbolique ? En quoi y aurait-il là matière à concrétiser une sorte de "droit à la jeunesse" ?TRONG> En matière de politiques de la Jeunesse, comme en bien d'autres domaines, le symbolique renforce l'utilitaire et réciproquement. L'on ne saurait, évidemment, se contenter de mesures "gadget" séductrices, ne servant qu'à masquer l'absence de vraie action publique pour les jeunes, qui sont aussi des citoyens, même ceux d'entre eux qui sont encore mineurs. Toutefois, si des dispositifs pragmatiques concrets pour le quotidien des adolescents s'imposent, il est tout aussi nécessaire d'envoyer un signe fort au pays et aux jeunes eux-mêmes. Il s'agit de leur signifier, de la façon la plus claire et explicite, que la nation les prend en considération, les attend et les entend. Or, le volontarisme politique en l'espèce fait encore défaut en France. L'avenir de ce pays est européen ou ne sera pas. C'est la raison pour laquelle j'ai proposé l'instauration d'une année européenne de la Jeunesse. Celle-ci aurait pour objectif de concentrer en une période restreinte et d'accélérer tout une série d'avancées pour la jeunesse, à l'échelle du continent, en une sorte d'acting out collectif. De même, un conseil européen permanent des Jeunes jouerait un rôle non négligeable, dans son domaine de compétences.
En France, depuis leur instauration et leur généralisation, les conseils municipaux, départementaux et national de la Jeunesse, se sont révélés certes perfectibles, mais fort utiles, en tant que tribune de libre expression des légitimes revendications des jeunes. A l'heure de la poursuite de la construction européenne, du souhait d'élargir les attributions du Parlement européen, il n'est pas absurde d'envisager la création d'un Parlement européen de la Jeunesse, susceptible de rassembler et d'unifier les jeunes européens et de porter leurs desiderata et intérêts. Cela constituerait aussi une excellente occasion de permettre aux jeunes de s'engager pour défendre les causes qui leur tiennent le plus à coeur. Trop souvent, les adultes, dans leur volonté de sauvegarder à tout prix leurs avantages acquis, laissent entendre aux adolescents qu'ils ne valent pas grand chose, pour mieux les écarter encore de l'essentiel. Alors les jeunes "prennent leurs aînés au mot" et se conforment à l'image de parias et de "nuls" que l'on prétend donner d'eux. Ils s'excluent d'eux-mêmes d'une société qui ne veut pas d'eux et qui les rejette. Il est donc de la plus haute importance que, symboliquement autant que pragmatiquement, des gestes significatifs à fortes valeurs et implications morales soient accomplis en direction des plus jeunes. Loin de toute démagogie, de tout calcul, cela s'impose pour éviter le découragement et le désengagement de tout une génération.
Quels sont vos projets ?TRONG> J'entends, bien entendu, poursuivre ma mission au service des adolescents, vocation passionnante au service de l'humain, bien plus que simple métier et activité professionnelle. Les jeunes sont attachants. Seuls le don de soi, l'empathie, la compassion, peuvent conditionner la réussite de toute approche relationnelle avec eux. Défendre la cause de l'adolescence, temps de vie si riche et privilégié, continuera donc d'être un grand idéal pour moi. De façon plus précise, j'ai en tête la rédaction d'un roman qui aura évidemment pour thème le monde des ados. J'ai aussi des projets d'un nouveau concept d'émissions audiovisuelles originales et de qualité pour et avec les jeunes. Trop peu existent actuellement en France. Je pense également développer une action au Canada, tant ce pays, tout particulièrement le Québec, est en avance en matière de politiques, programmes et conception de l'adolescence et de l'éducation. Cela tranche, hélas, avec la situation de notre pays qui manque si cruellement d'initiatives, de largesse de vue, de tolérance, de spécialistes pour les adolescents. Les mentalités françaises peinent à évoluer. Je me battrai avec détermination pour que cela change. Soyons optimistes. Déjà, un monde nouveau se prépare sur les décombres d'une ère révolue et il appartient sans conteste aux nouvelles générations ! !