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L'INHUMAIN DANS LE THÉÂTRE D'ALBERT CAMUS > ESSAI
Une interview de Karima Ouadia
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Au cours de ces recherches universitaires, Karima Ouadia a étudié les multiples figures de l'inhumain telles qu'elles s'expriment dans l'oeuvre d'Albert Camus. Présentée au 6ème Colloque International de Poitiers, l'allocution que nous vous proposons de télécharger porte plus précisément sur la représentation des femmes et de la féminité dans son théâtre, un choix dont elle s'explique dans cette interview.

> Télécharger le texte de l'allocution de Karima OuadiaTRONG>
Plus d'infos sur le colloque sur le site Fabula.org 
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L'inhumain dans le théâtre d'Albert Camus > EssaiTRONG>
Un extraitTRONG>
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Pouvez-vous vous présenter ?TRONG>
De formation littéraire, je suis passionnée d'écriture, le théâtre m'a attirée très jeune avec une première expérience au lycée. Le retour au théâtre s'est fait à travers mes recherches universitaires. Pour moi, le théâtre est un lieu d'expression privilégié de nos propres limites, qui sur les planches tendent à l'infini
.


Comment vous est venue l'envie de travailler sur Albert Camus, et plus spécialement sur son théâtre ? TRONG>
Mon intérêt pour Albert Camus est d'abord allé à l'écrivain engagé. Résistant, journaliste, homme de lettres, Albert Camus s'est très tôt intéressé au théâtre. Son oeuvre parle à la fois de l'absurdité du monde, mais aussi de sa beauté. Le théâtre est le lieu d'expression de sa passion pour la vie, le travail avec les comédiens permettant d'être en permanence dans l'action au-delà de la contemplation des mots. Etudier son théâtre était pour moi une manière de comprendre la pensée de Camus et la façon dont s'articule cette partie de son oeuvre la moins connue. Elle était pourtant la plus importante pour le Prix Nobel, qui avait une passion intense pour la scène, qu'il envisageait comme "l'endroit de la vérité".



Quelles sont vos influences critiques ? Vos outils ? TRONG>
Même s'il y a très peu d'études sur le théâtre d'Albert Camus, il y a quelques ouvrages de référence, notamment les actes d'un colloque qui s'est tenu sur le sujet en 1988. Je m'attache aussi beaucoup aux textes de Camus en eux-mêmes pour en explorer les méandres signifiants sous le prisme d'études critiques générales
.


Comment avez-vous été amenée à participer au colloque "Albert Camus et les femmes"? Comment a été reçue votre allocution ?TRONG>
L'idée de la place de la femme dans l'oeuvre d'Albert Camus est très intéressante par le nombre de légendes qu'elle véhicule. A travers son théâtre, on découvre que Camus est loin d'être misogyne, au contraire. C'est pourquoi cela m'intéressait d'exposer la place que prennent les personnages féminins sur l'espace scénique camusien, sachant que les femmes sont relativement absentes dans le reste de son oeuvre. Dans les pièces de Camus, il s'avère que les femmes sont les égales des hommes et que leur absence ne rime pas forcément avec mépris mais plutôt avec fascination. Mon allocution a été perçue comme rétablissant un certain équilibre sur la présence des femmes dans l'oeuvre de Camus, par ailleurs essentiellement traitées sur le mode de l'absence.



Vous mettez en avant l'inhumanité du théâtre camusien, quelle place est faite à la femme en de tels lieux ? Quelle place peut-elle se faire ?TRONG>
L'inhumain dans le théâtre et l'oeuvre d'Albert Camus n'est que le revers de l'humain. Ces deux facettes sont propres à l'Homme, c'est-à-dire à l'homme et à la femme, car sur ce plan l'un et l'autre sont parfaitement égaux. La part d'inhumanité et d'humanité dépend moins du genre des personnages que de leurs valeurs et de leur choix en tant qu'êtres humains vivant dans un monde fortement empreint d'absurdité mais aussi de bonheur possible.



La figure féminine erre entre indifférence et passions, quel est son rôle ? TRONG>
La figure féminine chez Albert Camus n'est pas seulement un faire-valoir, elle est aussi agissante et battante. Dans les pièces de théâtre camusiennes, les figures féminines incarnent la révolution ou le meurtre, elles sont également lyriques et passionnées. C'est aussi le cas des figures masculines, à ceci près que les femmes sont souvent montrées plus courageuses dans leurs faiblesses humaines que les hommes, qui préfèrent se sacrifier au nom du devoir.



Pensez-vous mettre la question du rapport homme-femme au centre de vos intérêts de recherche en littérature ?TRONG>
Ce n'est pas tant la question du rapport homme-femme que celle du rapport de l'Homme à lui-même et au monde qui me pose question à travers l'oeuvre de Camus. Le théâtre est un univers particulièrement intéressant pour observer les êtres humains en action. Il s'agit d'un théâtre d'édification, dont il est intéressant de sonder les ressorts pour mieux comprendre la pensée de Camus et la place qu'il accordait au théâtre dans son oeuvre.



Parallèlement à votre travail de recherche, vous avez écrit une pièce de théâtre, avez-vous d'autres projets d'écriture de fictions ? TRONG>
J'aime beaucoup l'écriture de textes courts. J'écris ainsi des nouvelles, inspirées de l'air du temps et du temps qui passe. "Ailleurs, Palmer Ici, Lucie" est le titre de mon premier recueil d'histoires courtes. 





Propos recueillis par Audrey Cluzel et Bérangère Boucher, juin 2005, TRONG>
 
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