TRONG> La septième femme de Nathalie Burget nous plonge dans les dédales psychologiques d'une héroïne délicatement schyzophrène. Rencontre avec une auteure à l'image plurielle de son personnage... TRONG> La page de l'auteurTRONG>TRONG>
Nathalie Burget, vous qui écrivez sur l'identité plurielle, qui êtes-vous ?TRONG> Peut-être mille femmes à la fois... J'écris, je peins, je danse, je réalise, j'enseigne, je m'occupe d'enfants en difficulté, je fais la cuisine, je crée mes vêtements, je regarde les gens, j'aime…
La septième femme, où avez-vous trouvé la matière de ce roman ?TRONG> Dans une autre vie, j'ai écrit un roman retraçant l'histoire de deux femmes dont chacune est une partie de l'autre. Ce roman avait pour moi un goût d'inachevé, aussi m'en suis-je servie comme matériau de base de La septième femme. L'idée de complémentarité entre les êtres me plaît beaucoup, et La septième femme en est un prolongement insolite.
Votre narrateur est un homme, parlez-nous du choix cette parole au masculin. Vous éloignez-vous d'un Je féminin pour mieux observer la femme ?TRONG> Le choix d'un narrateur-homme permet au roman de bénéficier d'une tension narrative supplémentaire : on hésite longtemps sur la forme que prendra la rencontre entre le psychiatre et sa patiente. On entre également plus facilement dans l'intimité du psychiatre, qui n'en demeure pas moins un homme, avec ses faiblesses et ses contradictions. Le regard sur cette profession peut s'en trouver modifié. Par ailleurs, l'histoire va obliger le personnage masculin à mener une introspection dans les recoins les plus inexplorés de son être… ceux de son anima peut-être. En ce sens, on ne s'éloigne pas d'un Je féminin, on s'en rapproche…
Vous êtes scénariste, dans quelle mesure votre expérience de l'image vient servir votre roman ?TRONG> Dans l'écriture scénaristique, chaque image est unique et codée par le verbe. Dans un roman, le verbe devient images au pluriel, car à chaque lecteur correspond une manière de décoder le texte. C'est avec cette approche que j'ai écrit La septième femme : j'ai d'abord élargi le champ de ma caméra virtuelle sur tous les possibles de l'histoire, puis, pour chaque "scène" du roman, je l'ai placée dans des angles différents, afin d'en choisir un à ma convenance.
Quels sont les auteurs, les réalisateurs qui vous ont marqué ?TRONG> La plume ensorcelante de Paul Auster me fascine autant que celle, très dépouillée, de Wassmo. J'aime également beaucoup les nouvelles, légères et parfumées d'Anna Gavalda et, peut-être par-dessus tout, les textes de Duras. Quant aux réalisateurs que j'affectionne, citons, dans le désordre, Chéreau, Jeunet, Sautet, Antonioni, Thomas Vinterberg, Ridley Scott, Isao Takahata, Kiyoshi Kurosawa, Hayo Miyazaki, Kenji Fukasaku, Wong Kar-Wai, Kitano, Tran Ahn Hung….
Avez-vous un message à adresser à vos lecteurs avant qu'ils ne vous découvrent ?TRONG> Ecrivez, peignez, chantez… Tout le monde a quelque chose à dire ! Ensuite, demandez-vous de qui vous êtes le fragment complémentaire. Si vous ne trouvez pas, c'est que vous n'aurez pas suffisamment écrit, peint ou chanté… Recommencez.
Vos projets d'écriture ?TRONG> Je viens d'achever la co-écriture d'un long-métrage que j'espère pouvoir réaliser à l'automne. Me trottent également dans la tête quelques idées de courts-métrages, trois ou quatre nouvelles et un projet de roman…