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MINOU > PREMIER ROMAN
Une interview de Dolorès Maillant

Dolorès Maillant a étudié l'art dramatique au Conservatoire Royal de Bruxelles. Elle se consacre actuellement à l'écriture de scénarii et à l'adaptation en BD de son premier roman,TRONG> récit d'une vie à travers deux yeux d'enfants, ceux de "Minou", petit homme androgyne prêt à tout pour un peu de tendresse : s'arroger une mère de substitution, adopter une enfant imaginaire, tuer, si c'est le prix à payer...
TRONG>
Un extrait
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Quelle est cette créature qui habite et bouscule Minou, votre personnage ?
TRONG>Lily est une petite fille tendre, émouvante, pas plus cruelle qu'une autre (un bout de viande reste un bout de viande) qui possède une étrange collection. On peut la définir comme une part de Minou, qu'il laisse s'exprimer à travers son corps et au-delà. Ils vivent en parfaite harmonie... Leur relation est presque fusionnelle. Ils se vouent un amour aveugle et démesuré.



Le tupperware conserve-t-il aussi bien les obsessions congénitales que les petits légumes ?TRONG>
Le drame des obsessions congénitales, c'est qu'elles n'ont aucune date de péremption.
Dans cette relation Mère/Fils nous sommes avant tout confronté à un problème de communication. La mère n'arrive à exprimer son amour qu'en découpant sans relâche des petits légumes qu'elle stocke dans une multitude de Tupperware. Et le fils, désespéré de ne recevoir la tendresse de sa mère, va inconsciemment entrer dans le même processus. Il découpe et empaquète... Même si ce ne sont pas vraiment des petits légumes.



Les femmes ne sont pas tendres avec lui… Pourtant c'est sur les hommes que Minou exerce sa haine, pourquoi ?TRONG>
Par amour. Il n'exerce pas sa haine sur les hommes, mais sur les personnes qui le privent d'amour. Pour lui, tout est lié. Il voit souffrir les trois femmes qui l'entourent, et il pense qu'en brisant la cause de leur souffrance, il récupèrera inéluctablement leur amour. Sa vision est un peu naïve, mais on ne peut la blâmer !



Ça se découpe comment un contribuable ?TRONG>
J'effectue des démonstrations de dépeçage à domicile. Comme les Tupperware... Mais c'est plus fun ! Il ne vous reste plus qu'à m'inviter !



La question du genre et ses ambiguïtés traverse votre récit, pensez-vous avoir trouvé une réponse ?
TRONG>Je n'en cherchais pas une ! Minou vit avec son androgynie, sa part de féminité, en toute quiétude. Le problème vient du regard des autres, pas de lui. La peur de devenir un homme, comme ceux qu'il croise, le perturbe plus. Il craint de mûrir et de ressembler à ce qu'il hait... Comme si c'était une suite logique.




Vous participez au festival du cinéma gay et lesbien de Bruxelles, pouvez-vous nous présenter cette manifestation. Comment se porte la "queer littérature" belge ?
TRONG>Je ne suis pas une experte de la "Queer littérature"... Lors d'une émission radio, on m'a présentée comme auteure Queer, j'ai trouvé ça amusant. Bien que je sois partagée sur la question "Minou est-il Queer ?". Quant au festival, c'est une manifestation pluriculturelle qui bouscule notre pays pendant plus d'une semaine (N.B. du 20 au 29 janvier). C'est un évènement très attendu qui en est à sa 19e édition. On y découvre essentiellement des oeuvres cinématographiques mais aussi des spectacles, des expositions et de la littérature de bon goût ! 




Ce livre est une première étape dans l'existence de "Minou" qui devrait bientôt renaître sous la forme d'un court métrage et d'une BD. Comment travaillez-vous avec vos faiseurs d'images ?
TRONG>Tout d'abord, j'ai choisi mes faiseurs en fonction de leur sensibilité et de l'univers qu'ils développent. Nos relations sont étroites et ouvertes à la critique.
Je dialogue régulièrement avec la réalisatrice sur l'avancée du travail. Ma quote-part est fournie mais je reste présente jusqu'à l'accouchement.
Pour la B.D., c'est différent... Du page par page. Nous travaillons chacune de notre côté et nous nous retrouvons ensuite pour en discuter. Ca prend du temps... Le temps de trouver ce que l'on cherche... Mais nous ne sommes pas pressées. De plus, nous avons la chance d'être conseillées et suivies par un grand monsieur de la B.D. Il nous permet de gommer nos erreurs de jeunesse !



Quels sont vos projets d'écriture ?
TRONG>Je travaille sur la réécriture de mon premier roman "Versus", qui devrait paraître très prochainement, et entame l'écriture d'un troisième, très trash, avec toujours les mêmes thèmes de prédilection, schizophrénie, quête de l'amour, quelques découpages et un peu d'humour… dans la continuité des deux précédents.




Le site de l'auteurTRONG>
http://superminou.site.voila.fr





Propos recueillis par Audrey Cluzel, janvier 2005.
Copyright Le Manuscrit 2005.TRONG>
 
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