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MERCEDES
Un entretien avec Sarah Marti
 
A travers les existences et les rêves déchus des femmes de sa famille, Sarah cherche un sens à une vie qui n'a rien tenu des promesses d'une enfance pourtant peu traditionnelle. Un premier roman autobiographique à la construction originale, servi par une écriture ironique et tendre.


> Sarah Marti sur manuscrit.comTRONG>
> Une avant-critique de Sandrine Lyonnard, Le Crochet de la CédilleTRONG>TRONG>


Pouvez-vous vous présenter ?TRONG>
Je suis née en 1977. J'ai vécu dans le sud de la France et en Auvergne, maintenant à Paris.Mes parents étaient tous deux professeurs, communistes un temps, déçus depuis. Mes grands-parents, du côté maternel, sont des catalans réfugiés à Toulouse en 36. Du côté paternel, une famille gersoise de petits commerçants : mon grand-père était boucher ! J'ai d'abord fait des études de russe puis de lettres, que je poursuis actuellement.


Pourquoi avez-vous entrepris d'écrire ce livre ? S'agit-il de faire face à vos vieux démons pour mieux vous en débarrasser ?TRONG>
Je ne sais si je leur fais face mais les décrire permet au moins de les identifier… Disons plutôt que mes " vieux démons " m'accompagnent désormais de façon presque sympathique. A l'origine de ce livre, il y a en effet le vertige autobiographique auquel je n'ai pas su résister, que j'aurais voulu moins thérapeutique, mais bon…  


La sobriété du style contraste avec la force de l'histoire. Cela relève-t-il d'une volonté consciente de prendre de la distance par rapport à cette même histoire ?TRONG>
Oui, pour éviter le pathos d'une part et me libérer des influences littéraires d'autre part. Mais dans mon cas, la froideur de l'écriture n'est pas une fin en soi, plutôt un moyen (en un premier temps) d'éviter le pire !


Votre roman est autobiographique, et ne s'en cache pas. Comment pensez-vous que votre mère, personnage central, que vous dépeignez sans complaisance, réagira - ou a réagi - à la lecture de "Mercedes" ?TRONG>
Ma mère, telle qu'elle apparaît dans Mercédès, reste un personnage opaque, à contre-courant, à la fois fille de réfugiés politiques, écolière modèle, attirée par les remises en question de son époque (le communisme, le féminisme), enseignante enthousiaste mais ne réussissant jamais à affirmer son identité ni même sa sexualité. Cherchant malgré tout à se donner des contours. Comme elle me le répète inlassablement, elle a renoncé trop tôt à elle-même (avec la conscience qui lui en reste), sûrement à cause du statut social de ses parents et de leur maladie. Pourtant, malgré le flou qui caractérise Mercédès à mes yeux, malgré son incapacité à s'incarner dans quelque chose de bien palpable, sa vie, comme toutes les vies, n'échappe pas à la dimension romanesque, sa personnalité se dessine simplement à travers des petits motifs joués en sourdine : sa passion pour une femme, son amour dévorant de mère (le grand rôle), la solitude du soir qui fait qu'on mange et qu'on boit un peu trop, debout dans la cuisine. 
Quant à la réaction de ma mère, je lui sais gré d'avoir à mon endroit un amour qui confine à l'aveuglement !



Le monde de votre enfance, et plus tard celui de l'adulte que vous êtes devenue, donne l'impression d'être dépourvu d'hommes. Comment vous représentez-vous l'homme idéal, ou tout du moins le père idéal ? TRONG>
Après deux échecs retentissants, je ne me pose plus la question !


Quels sont vos projets ?TRONG>
Je souhaiterais réussir à m'imposer des contraintes formelles, continuer à faire mes gammes avant d'oser poser un regard plus large autour de moi. Et bien sûr trouver un travail qui m'en laisse le temps !


>>> Sarah Marti sur manuscrit.comTRONG>
La présentation de l'auteur
"Mercé se voit comme un petit soldat : sa mère lui a inculqué rigueur et discipline. Un jour, son mari lui présente Irène, sa maîtresse. Mercé ne dit rien mais part avec Irène en emmenant ses filles. Pendant que les deux femmes tentent de construire une vie nouvelle, les enfants dessinent des lunettes à leurs poupées Barbie et les font sauter du premier étage…"

>>> Un extrait



























































Propos recueillis par Iris Yulzari, janvier 2003.TRONG>
Copyright manuscrit.com 2003.TRONG>

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