Ces huit nouvelles, aux intrigues variées et surprenantes, dépeignent avec justesse la vie d'un coron minier, son bourg et ses habitants, de la Libération jusqu'à nos jours. L'auteur, fils de mineur, parvient ainsi, à travers l'ambiance si particulière des houillères, à faire revivre un monde en voie de disparition.
Pouvez-vous vous présenter ?TRONG> J'ai 52 ans et 10 mois, je suis célibataire, voyageur impénitent et noircisseur de papier invétéré. La preuve, je rédige actuellement un roman policier qui se passe à Romicourt-en-Artois en 1945 (retour de camps de trois survivants et série de crimes qui lui sont liés, Francois Dewlinck, l'instituteur, enquête) tout en voyageant. Je suis parti depuis le 12 mars dernier sur un velo, en direction de l'Inde. Je vous écris là en direct de Petra en Jordanie.Vous pouvez suivre mes aventures à partir du site http://daniel-velo.fr.st.
Pourquoi avoir choisi la forme d'un recueil de nouvelles pour retracer la petite histoire de Romicourt-en-Artois, bourgade imaginaire ?TRONG> J'ai inventé Romicourt en Artois afin d'avoir un territoire à moi, dont je suis le seul maître. Cela me permet de ne pas avoir à coller à la réalité d'un lieu existant. Et puis, Faulkner est mon écrivain préféré. De plus, Romicourt est une sorte de concentré de toutes les bourgades minières du Pas de Calais, avec son coron minier, son centre plus bourgeois. Elle ressemble à ma ville natale, Avion. Pour ce livre, j'ai recueilli des histoires dont je ne parvenais pas à un roman. En revanche, ce procèdé m'a donné la possibilité de réutiliser des personnages "récurrents", d'histoire en histoire, sans qu'on puisse parler d'une "saga" pour autant.
Dans ce récit vous n'abordez pas les questions sociales qui se cristallisent habituellement autour de la condition ouvrière, pourquoi ? TRONG> J'aborde les problèmes sociaux par la bande, indirectement. Je ne suis pas Zola (ce que je regrette, bien entendu !). Je suis fasciné par les destins personnels plus que par les confrontations de groupes sociaux. La classe ouvrière, en outre, a évolué. Ses problèmes sont ceux de la classe moyenne, à mon sens.
Un de vos personnages est un éditeur qui parcourt la ville à la recherche d'un mystérieux écrivain. Une fable inversée du destin de l'écrivain ? TRONG> Dans cette histoire qui donne son titre au recueil, je suis surtout fasciné par le mystérieux écrivain qui trouve son bonheur de faire se déranger un "parisien" et n'attend rien de plus en fait de reconnaissance de son talent.
Quels sont vos projets ?TRONG> Mes projets immédiats : passer en Israël et poursuivre ensuite mon voyage vers l'Inde en dépit des écueils actuels (Irak, Afghanistan).
Un extrait du Manuscrit de Saint Antoine "Ce mois de septembre était doux. Il était environ sept heures trente du matin. Le soleil se levait. Quelque chose d'énorme brûlait vers l'Ouest mais personne ne se risquait à aller voir ce que c'était. Un nuage de fumée couvrait une partie du ciel au-dessus de Romicourt-en-Artois. Formidable, tranquille, noir, épais, bouillonnant, l'image même de la menace indistincte mais obsédante." > La suite