Entretien avec Guy Dugas, directeur du comité scientifique de la collection Pages d'Alliance
Guy Dugas s’est consacré durant quinze ans à la francophonie et au rayonnement de la langue française dans le monde arabe. D’abord en Tunisie (1973-1989), où il a entre autres conçu des manuels scolaires et rédigé une thèse sur les littératures locales d’expression françaises. Puis au Maroc (1980-1987), où il a enseigné les littératures françaises et francophones dans plusieurs universités tout en menant une thèse sur la littérature judéo-magrhébine d’expression française. Enfin au Yemen, (1987-1989) où il a créé et dirigé un département francophone à l’université de Sana’a. Depuis son retour à l’université française en 1989 , Guy Dugas s’applique à promouvoir la francophonie et les relations avec le monde arabe. Il a ainsi instauré des cours de francophonie dans les différentes universités où il a enseigné et dirige près de 25 recherches auprès du CIEF Paris IV. Il participe aussi à la mise en place d’une agrégation de français en Tunisie et au Maroc. Il est par ailleurs chargé de mission pour Le Temps du Maroc en France, conseiller pour lacréationd’un centre d’amitié islamo-chrétien dans la maison de Jules Roy à Vézelay et continue à oeuvrer par des missions à l’étranger et auprès d’associations telles que« coup de soleil » ou le « Centre de recherche sur les juifs du Maroc ».
Pourquoi l’Alliance Israélite Universelle lance-t-elle la collection Pages d’Alliance ?
La collection Pages d’Alliance, qui a vu le jour à la fin de l’année 2006, a pour objectif la redécouverte de textes littéraires judéo-méditerranéens oubliés, et la révélation de ceux qui étaient restés inédits.
Quel est votre rôle au sein de l’AIU ?
L’Alliance Israélite Universelle m’a sollicité pour diriger la collection Pages d’Alliance, en raison de ma spécialisation d’un quart de siècle dans le domaine des expressions culturelles des minorités, du monde arabe et tout particulièrement des judaïcités, auxquelles j’ai consacré une thèse d’Etat.
Pourquoi l’AIU lance-t-elle cette collection ?
L’intérêt de l’A.I.U pour ce projet tient au rôle considérable qu’a joué cette institution créée à Paris au milieu du XIXème siècle pour aider les communautés juives du monde arabe dans la promotion d’une éducation francophone et l’épanouissement culturel de ces populations. De ce fait, d’Albert Cohen à Albert Memmi, la plupart des écrivains judéo-arabes du XXème siècle sont peu ou prou des enfants de l’Alliance
Quels sont les prochains livres à paraître dans la collection Pages d’Alliance aux éditions le Manuscrit?TRONG>
Il est prévu que la collection se développe au rythme de trois à quatre ouvrages romans, recueils de nouvelles ou de poèmes, pièces de théâtre par an. Après Ninette de la rue du Péché, de Vitalis Danon, qui fut instituteur des écoles de l’A.I.U en Tunisie, et Enfants de Palestine et autres nouvelles d’Elissa Rhaïs, les prochaines publications seront constituées d’un gros roman inédit de Ryvel, Destinée, ou le ghetto à l’école, puis de la réédition très attendue du roman Mazaltob de Blanche Bendahan.
Propos reccueillis pas www.manuscrit.com pour les Editions Le Manuscrit