Joël Camera a suivi des études de sciences économiques à l'Université d'Aix-en-Provence. En 1980, il est guitariste dans un groupe de rock, puis il part en Guyane travailler au Centre spatial Ariane. Là-bas, entre deux coups de pagaie sur l'Oyapock, il s'essaie au théâtre et à la radio. En 1990, il crée une start up. Mais les affaires ne marchent pas. Sa femme le quitte. En une nuit d'insomnie, il rédige "Les mémoires d'un mari trompé", découvre les vertus thérapeutiques de l'écriture et se lance à corps perdu dans la drague. Avec ce recueil, il nous fait partager son expérience du terrain : stratégies d'abordages, phrases d'accroche, et autres chansons de gestes à connaître absolument pour réussir une rencontre. Un témoignage amical et plein d'humour qui intéressera aussi bien les dragueurs en herbe que les femmes curieuses de psychologie masculine.
Quel est votre parcours ?TRONG> Dans les années 90, j'ai créé une entreprise de marketing direct. Malheureusement, quelques temps plus tard, la société a fait faillite ! Et comme un malheur n'arrive jamais seul, j'ai également divorcé ! Je me lançai alors dans l'écriture, un journal intime informel, sorte de défouloir, j'étais alors bien décidé à me poser les vraies questions, à voir la vérité en face. · Pourquoi ma femme me quittait-elle ? · Où avais-je failli ? · Qu'est ce qui n'allait pas chez moi ? · Que devais-je changer pour réussir ma vie amoureuse ? Parallèlement, je recommençai à sortir, à draguer, à échanger. Je me faisais de nouveaux amis. A plusieurs, on trouvait des techniques de drague, on s'échangeait des trucs, on se remotivait. A ce moment là, j'ai eu l'idée de faire un livre. S'en suivront de longues heures de travail, des ratures, des pages froissées, des soirs de doute, l'envie de tout jeter. Mais aussi des matins triomphants ou j'étais sûr d'être sur la bonne voie. Un jour enfin, un manuscrit qui se lit, un souffle qui parcourt les mots, des amis qui me confient: "Tu as un vrai style !". Le titre s'impose de lui même : "Conseils amicaux pour réussir une rencontre".
A qui s'adresse cet ouvrage ? TRONG>Il s'adresse à toute personne en recherche affective, souhaitant surmonter la fragilité due à son isolement, ses craintes, et objectiver sa situation.
Si vous ne deviez donner que trois conseils pour réussir une rencontre ?TRONG> 1 - Être naturel(e), c'est-à-dire accepter ses faiblesses, savoir ce que l'on veut (et le dire), refuser les compromis. Ne pas se faire de film sur le "Grand Amour", prendre les choses comme elles viennent ; 2 - Extérieurement, rire, s'amuser, s'entourer de personnes positives et actives, soigner son look, se mettre en valeur ; 3 - Intérieurement, se préparer à l'ouverture, pas d'à priori, regarder les autres d'un oeil neuf, jouer !
Vous donnez là un certain nombre de conseils que j'aurais dû suivre pour éviter d'être la victime d'un contre-amour. Peut-on vraiment aider l'autre par son expérience ? TRONG> Oui, j'ai moi-même bénéficié de l'aide de certains amis, d'un psy, de certains membres de ma famille. Je pense qu'on peut grandir en échangeant avec des personnes positives et bien intentionnées.
Ces mots que vous employez dans votre stratégie du jeune voulant se débarrasser de son pucelage : la fille qui va "tomber comme un fruit mûr", "chauffons", "la gazelle n'a aucune chance", l'assaut, la guerre : il ne s'agit pas du jeu de séduction mais d'une chasse. N'étiez-vous pas un jeune macho dans votre façon d'aborder la jeune fille ? Les difficultés de l'homme ne partent-elles pas de ce raisonnement macho ? TRONG> Incontestablement j'ai été macho, et je le suis sans doute encore. On est comme on est, je suis d'origine italienne, ma culture est méridionale, il ne s'agit pas de se sentir coupable de ce que l'on est. Par ailleurs, je pense que le mouvement de libération de la femme est allé trop loin, les hommes n'ont plus confiance en eux. Le machisme a vécu, mais les hommes doivent réapprendre à se comporter en "hommes". A avoir confiance en eux, en ce qu'ils sont. Un Homme véritable n'est ni hérisson ni carpette, il est équilibré, sur de lui, réconcilié avec lui-même, ouvert aux autres.
"Un bon amant est un explorateur qui sait pimenter sa vie sexuelle de fantasmes" : et quand il a tout exploré ? Vous décrivez la triste réalité de la société de consommation : et quand on a tout consommé ?TRONG> Je ne pense pas qu'on puisse tout consommer, tout explorer, même en vivant 1000 ans. Et si simplement on changeait de lunettes, notre façon de voir les autres ? La société a des cotés peu ragoûtants, c'est vrai, mais personne ne peut vous ôter ce que vous avez de plus personnel, de plus précieux, votre espace intérieur.
Et s'il n'y avait aucun moyen de perpétuer le désir ? Que le désir se perpétue dans la tendresse ? dans l'affection partagée avec la descendance que le couple s'est donné ? Comme vous ne parlez pas de fidélité, pensez-vous que le dicton : changement d'herbage réjouit les "viaux" est le seul moyen de plaisir ? TRONG>Oui, je partage votre avis. J'ai beaucoup évolué dans ce domaine, a présent, je suis convaincu que c'est sur le long terme et dans la fidélité, l'engagement, la famille, qu'on peut vraiment atteindre le Bonheur et stigmatiser le désir, mais la question est complexe (fantasmes, etc.).
Quel est votre univers littéraire ?TRONG> J'ai lu, comme tout le monde, les auteurs du Bac, Proust, Stendhal, Sartre, Balzac, etc. Mais c'est très récemment que j'ai vraiment pris goût à la lecture. Je peux très exactement dater l'émergence de cette nouvelle passion : mon séjour en Libye entre 2002 et 2004. J'ai relu à cette occasion tout Camus ou presque, Saint-Exupéry, Simone de Beauvoir. Cela constitue-t-il un univers littéraire ? Je ne sais pas. Je ne suis pas un lecteur dévorant, je lis assez peu, je relis souvent les livres et les passages que j'ai aimés. Par exemple "Le travail intellectuel" de Jean Guitton. J'aime la psychologie (Freud, Jung, Janet William James, Shere Hite), les auteurs spiritualistes (Arnaud Desjardins dont j'ai presque tout lu et que j'ai beaucoup médité). Récemment, toujours en Libye, j'ai découvert le philosophe Pierre Hadot ("Qu'est ce que le philosophie antique?", "Discours sur concentration de soi et examen de conscience", entre autres) et Pierre Hulin ("La mystique sauvage" que j'ai adoré également).
Pourquoi avoir choisi les éditions Le Manuscrit ?TRONG> J'ai choisi les éditions Le Manuscrit car vous êtes une alternative crédible au monde fermé de l'édition institutionnelle. Sans pour autant avoir coupé les ponts avec eux. Votre choix stratégique de diffuser les manuscrits à un ensemble de partenaires, y compris dans le domaine audiovisuel, est pour moi une perspective intéressante.
Quels sont vos projets ?TRONG> Aujourd'hui j'effectue des missions à l'étranger pour le compte de directions financières et je continue à écrire. Ayant trouvé un équilibre sur le plan sentimental, mes centres d'intérêt se sont portés sur l'art, les carnets de voyages, le spirituel. J'ai découvert Alexandra David Neel, Nicolas Bouvier, Jean Grenier, un collectif de récits sur les grands aventuriers et missionnaires, "Voyages de découverte en Afrique". Mon nouveau manuscrit "La Rivière dans le désert, le voyage d'un expatrié en Libye", a été accepté par les éditions Le Manuscrit, le livre est à paraître.