Le livre Cette prof de français-là, demande toujours les classes difficiles où les élèves sont en échec scolaire. En marge des querelles politiques et des débats sur la violence, elle les aime, ceux qui manquent d’amour quand cela s’appelle : illettrisme, rébellion, abandon, brutalités, alcoolisme ambiant, pauvreté, dépression… manques cruels, manques vitaux. C’est tout ça qu’ils racontent, et par écrit, ces nuls en orthographe et les autres. Ce sont ces confidences, dans un style à la fois tendre et drôle que propose ce récit. Ecoutons-la parler de son métier, la prof, et, surtout, écoutons-les raconter l’école, leur vie, la vie, le monde, leurs problèmes. Voyons-les pleurer et rire aussi, ces enfants et ces adolescents, parfois, dans ce qui, avant tout, est une histoire d’amour. Un extraitTRONG> Commander ce livreTRONG>TRONG>TRONG>TRONG>
Pouvez-vous vous présenter ?TRONG> Eh bien, je m'appelle Patricia Girod. Je suis en née à Nice en 1951. La Pochette Bleue retrace, à travers les témoignages de mes anciens élèves, ceux que j'aime appeler mes "petits compagnons", une partie très importante de ma vie : mes années en tant que prof de français. Je suis quelqu'un de passionné et mon métier fut ma passion. Une autre est l'écriture, sans doute, mais la seule maintenant, pour moi, réellement, c'est la vie... D'ailleurs, c'est le désir tendre de cerner la vie et le coeur de ces enfants et de ces adolescents qui m'a entraînée à composer La Pochette Bleue. A y penser davantage, c'est aussi l'amour de la vie qui m'a permis d'écrire Ailleurs et autres errances, ce recueil de nouvelles fantastiques que Manuscrit.com publie également... J'aime bien découvrir ce que l'existence a de singulier, de bizarre... Celle des jeunes que j'ai partagée l'est plus qu'on ne le pense, même si cela se traduit souvent par leurs larmes.
Le fait d'avoir enseigné en ZEP a-t-il changé votre rapport à votre métier ? TRONG>Oui mais pas comme on pourrait le croire. En fait, la Pochette Bleue, qui n'a pas été construite que par des enfants ou des adolescents scolarisés en ZEP, m'a permis d'approcher les problèmes des jeunes en général, où qu'ils vivent. Les difficultés auxquelles les jeunes se heurtent sont plus poignantes en ZEP, c'est vrai. Elles sont plus douloureuses, qu'elles soient scolaires ou personnelles, puisque leur scolarité influe sur tout le reste de leur existence, mais ils ne sont pas foncièrement différents...
Auriez-vous ressenti le même élan envers vos élèves s'ils n'avaient pas été catalogués dans les catégories "en difficulté" ?TRONG> Oui et je l'ai vécu, d'ailleurs, puisque je n'ai pas enseigné qu'en ZEP et que les témoignages d'autres enfants abondent dans mon ouvrage. Comme je vous le disais, en milieu défavorisé, les difficultés sont exacerbées mais pas différentes. Les jeunes, pour la plupart, en plus de leurs angoisses scolaires, ont souvent peur : ils se sentent mal dans leur peau, dans leur vie... Oh je sais que ça fait sourire et que, pour les adultes, la jeunesse est une époque bénie, mais que l'on pense, seulement au pourcentage de suicides des jeunes... mais... je ne vais pas vous raconter La Pochette Bleue, il faut la lire, bien entendu !
Avec les technologies modernes (mail, spam, sms) la tyrannie de l'orthographe représente-elle encore quelque chose à vos yeux ?TRONG> La tyrannie ? Oui, c'est vrai, dans une Ecole où l'on ne se donne plus la peine de permettre aux enfants de créer des rapports sains avec l'orthographe, il s'agit bien de la tyrannie de ce savoir-faire sur les jeunes, puisqu'ils n'apprennent plus à la maîtriser. Ils sont tyrannisés, en effet, puisque cette technique est toujours exigée d'eux et que leurs difficultés, en ce domaine, les pénalisent au moins autant que jadis. Mail spam, sms ? Et puis quoi encore ? Télégrammes, curriculum vitae, etc ? Toutes les obligations qu'ils auront obligatoirement... Les jeunes qui ne maîtrisent pas l'orthographe sont des handicapés : à l'école, d'abord, puisque écrire sans faute est toujours exigé et dans la vie active ensuite... mais il faudrait en parler aux plus grands et même aux adultes qui sont dans l'obligation de payer des cours privés pour rattraper le retard pris pendant leur scolarité !
Vous décrivez de manière assez pessimiste le lien qui unit certains professeurs aux classes : malgré cela, l'enseignement demeure-t-il "le plus beau métier du monde" selon vous ?TRONG> Le plus beau métier du monde, c'est celui que l'on a toujours rêvé d'exercer, que l'on exerce avec amour et... que l'on peut quitter quand cet amour décroît, avant qu'il ne déçoive réellement. Ce que je décris de façon pessimiste ou plutôt de manière réaliste, malheureusement, ce sont des cas où cet amour n'a jamais existé ou, justement, il est déjà décevant. Mais vous savez, l'amour et l'eau fraîche sont un leurre. C'est le contexte de l'enseignement qui est mauvais.
Quels sont vos projets d'écriture ?TRONG> En ce moment ? Un roman à terminer qui n'a pas encore de titre, l'histoire de deux femmes qui se rencontrent alors que rien ne les prédestinaient à vivre quoi que ce soit ensemble. Marguerite et Noémie : une femme, soixante ans environ qui s'ennuie dans une vie solitaire et une routine maniaque et une jeune fille qui s'est sauvée de chez elle ... La constellation du rat... un roman fantastique... peut-être, c'est énorme, très long à réaliser et puis... comme je vous le disais, en ce moment, j'ai surtout envie de vivre !
A découvrir sur manuscrit.com Ailleurs et autres errances > NouvellesTRONG> Il faut prendre à la lettre le titre de ce recueil qui entraîne le lecteur dans un univers fou, où toute vie bascule vers des mondes insoupçonnés, là où se mêlent réalité et rêve, présent, passé et futur, raison et délire ? Suivez Patricia Girod... Laissez-la vous emmener... Ailleurs ! Un extrait Commander ce texteTRONG>TRONG>
Propos recueillis par Frédéric Grolleau, avril 2003.TRONG> Copyright Manuscrit.com 2003.TRONG>