Une interview de Nicolas Herson-Macarel > Après le déluge
Propos recueillis par Frédéric Cormont, auteur de > Défis TRONG>TRONG> L'histoire TRONG>Samuel est un jeune auteur en herbe qui cherche à écrire, puis à publier son premier roman… mais un pot de fleur tombé d’une fenêtre brise brutalement ce beau rêve. Le coupable s’appelle Luc, un trentenaire qui s’essaie à l’écriture et qui imagine cette histoire cousue de fil blanc. Lassé de Samuel, il « exécute » son personnage pour donner libre cours à son auto-dérision, avant de recevoir à son tour une jardinière tombée d’un balcon. Anne, jeune professeur de lettres reprend la plume en signant le meurtre virtuel. C’est elle qui connaîtra le succès des prix littéraires de la rentrée… à moins que… Un extrait Commander ce livre
Frédéric Cormont : Comment vous présenteriez-vous ?TRONG> Nicolas Herson-Macarel : Je suis un homme heureux. Ma vie est faite d'amour et d'amitié et mon quotidien peuplé de rêves que je réalise, au moins sur le papier. D'une autre façon, je dirais simplement que j'ai 47 ans, heureusement marié et papa de quatre enfants, que j'exerce une activité professionnelle créative dans une grande compagnie aérienne et que j'ai donc les pieds sur terre et la tête… un peu dans les étoiles.
FC : Il est question dans "Après le déluge", d'un roman historique basé sur un travail d'historien sur le bombardement de Caen. Cet ouvrage existe-t-il ? L'avez-vous écrit ou est-il une pure invention ? TRONG>NHM : Le travail d'historien existe bel et bien. Il s'agit de témoignages recueillis par André Gosset et Paul Lecomte et publiés en 1974 sous le titre "Caen, pendant la bataille". Quant au roman qui s'en inspirerait, il n'existe pour le moment que dans mon imagination et dans celle, à présent, des lecteurs de mon livre.
FC : J'ai lu votre roman en une journée et demi, de a à z et de manière attentionnée, de la même manière que j'ai lu ensuite le roman "La fête au bouc" de Mario Vargas Llosa (en plus de temps quand même, il y a près de 600 pages), auteur mondialement reconnu. J'ai passé un moment agréable avec les deux livres. "La fête au bouc" est une peinture de la dictature qu'a connue la république dominicaine de 1930 à 1961. Pensez-vous, comme le dit Jacques de Villefort dans votre livre, qu'il faille "trouver une histoire vraie pour que (...) l'écriture soit vraie" ?TRONG> NHM : Je vais m'empresser de lire "La fête au bouc" car je suis friand des romans qui enracinent leurs trames dans l'Histoire. Cependant, je ne partage pas totalement l'avis du personnage de mon roman. L'histoire des hommes a souvent dû courir derrière nos grands auteurs de roman à l'imagination fertile. Etant un fervent admirateur de Boris Vian, j'ai pour ma part quelques difficultés à suivre la réalité de trop près. Je prend beaucoup de libertés avec elle.
FC : On ressort de la lecture de votre roman avec l'envie de manger une salade périgourdine, et un autre appétit, celui de vivre puisque l'avenir réserve de bonnes surprises, notamment via les rencontres, même si des pots de fleurs tombent. Le bonheur et la réussite dépendent-ils d'une rencontre ? Vous qualifieriez-vous d'optimiste ?TRONG> NHM : Chaque regard, chaque mot échangé, chaque rencontre évidemment, modifient le cours de nos vies. Mais encore faut-il être attentif au monde. L'enfer, ce sont les autres… qu'on ne voie pas. Je conserve donc les yeux bien ouverts car je suis effectivement d'un terrible optimisme.
FC : Un thème récurrent est la difficulté de l'écrivain à être publié, même si la réussite est au rendez-vous pour le roman dans le roman "Après le déluge". Pensez-vous que la pléthore des manuscrits noie les maisons d'édition et empêche de bons romans de voir le jour ?TRONG> NHM : Les meilleurs écrivains sont toujours devenus célèbres. Parfois dans leur village, parfois dans le monde. Effectivement, il peut arriver l'inverse et que deviennent célèbres des auteurs qui sont loin d'être les meilleurs… Mais si un éditeur disposait d'une recette infaillible pour ne publier que les premiers, il ferait sans doute fortune, à condition bien entendu que le "meilleur" soit une valeur universelle !
FC : Le genre polar, SAS, roman de gare, Barbara Cartland,... a l'air de vous intriguer. Que pensez-vous de ce genre de littérature, ne vous tente-t-il pas ? TRONG> NHM : Je suis davantage amusé qu'intrigué par cette littérature. Comme tout le monde, j'ai lu ce genre de romans. Certains sont bien écrits d'ailleurs, même si la plupart sont assez consternants. Je me suis distrait parfois à écrire quelques chapitres d'histoires à l'eau de rose ou de vagues affaires d'espionnage… mais je dois avouer que je me lasse assez vite des histoires trop bien ficelées, semblables à des rôtis de super-marchés sous cellophane. J'aime être surpris moi-même par ce que j'écris et que le lecteur trouve du plaisir dans cette surprise.
FC : Dans vos dernières lectures, quels romans recommanderiez-vous ?TRONG> NHM : Je ne suis pas un grand lecteur car je dois concilier une vie de famille nombreuse- avec une activité professionnelle prenante, tout en conservant quelques heures quotidiennes à l'écriture et quelques autres à des activités associatives et songer enfin… à dormir en songeant. Toutefois, parmi mes dernières lectures ou relectures, je conseillerai John Kennedy Toole et sa "Conjuration des imbéciles", David Lodge et ses "Pensées secrètes" et, bien entendu, Frédéric Cormont et ses "Défis" !
FC : Vous préparez-vous à publier une autre roman ? Quels sont vos projets ?TRONG> NHM : Un recueil de nouvelles "Pépins de raison" sortira dans les prochaines semaines aux Editions Le Manuscrit. Comme son nom l'indique, il s'agit d'histoires assez peu raisonnables… Dans les trois mois qui viennent devrait être également publié un nouveau roman, tout à fait différent du premier. Pour la suite… une pile de cahiers d'écoliers m'attend sagement près de mon lit.
FC : Qu'est-ce qui vous a décidé à participer aux Rencontres virtuelles du premier roman ?TRONG> NHM : J'ai lu votre livre. Vous avez lu le mien. Vous n'avez rien de virtuel, ni moi non plus. Et nos lecteurs ? Vous savez comme moi qu'ils ont l'esprit bien faits, bien humains ! Rien de virtuel donc dans le jugement, bon ou mauvais, qu'il auront de nos romans. Et si nous disions plutôt : les Rencontres Virtuoses du Premier Roman… d'accord ?
Propos recueillis par Frédéric Cormont, mai 2005TRONG>.