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BLANCOLOR
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Albertine Gentou
 
Présentation
Entreprise phare dans le secteur de la peinture et de la décoration, Blancolor se démarque par la beauté et la qualité de ses produits. Depuis sa création dans les années 1950 par une famille provençale, les Chauvin, elle connaît un essor sans cesse croissant. Rencontrant dirigeants et employés, Albertine Gentou reconstitue l'histoire de cette PME et démonte aussi ce qui se passe d'un bout à l'autre de la chaîne. Passant du XXe au XXIe siècle, de l'artisanat à l'industrie, elle entraîne le lecteur dans une véritable épopée. Celle d'un microcosme social où seul compte le respect des valeurs humaines, de l'environnement et d'un certain art de vivre. Mais partons à la découverte de cette société sur la trace de l'auteur…
Extrait du livre
Depuis dix ans, l'ingénieur Michel Popoff a pris les commandes du service de production et le titre de responsable de la sécurité, de l'environnement et de l'entretien de l'usine. D'emblée, il a effectué des réajustements qui ont apporté du confort aux salariés dans leurs tâches quotidiennes en maintenant un bon niveau de productivité. Cévenol d'origine russe, Michel Popoff se déplace dans les couloirs de Blancolor en silence, l'œil vif, aux aguets. Sans doute ce style est-il dû à ses fonctions. Ou peut-être encore à son parcours atypique… Il monte la garde. Et lorsqu'il se lance dans la narration de sa vie, il le fait avec urgence, dans la même exigence. « J'ai grandi à Alès. Mon père avait une entreprise de peintures en bâtiment et employait une quarantaine d'applicateurs. Il tenait à ce que ses enfants poursuivent leurs études mais il nous demandait aussi de venir l'été sur les chantiers. “Pour connaître le monde du travail”, disait-il. À dix-huit ans, j'encadrais déjà certaines de ses équipes. « Après un bac sciences, pour financer mes études et obtenir un DUT de physique, je me suis fait embaucher comme garçon de café à Palavas-les-Flots puis j'ai rejoint à l'armée le peloton des officiers. « Mon service militaire accompli, j'ai intégré l'unité de recherche de pigments colorants d'une entreprise d'un grand groupe pétrolier français. Là, pendant sept ans, j'ai participé à la création du département développement. Devenu responsable de l'atelier de production, de l'amélioration de la sécurité et de l'environnement, j'ai essayé de faire le lien entre le labo et l'atelier. En 1985, on commençait à tenir compte de ces critères. J'ai progressé rapidement. « Pour maintenir mon esprit en éveil, par curiosité aussi, j'ai pris des cours. Je visais un DUT d'informatique. Une fois celui-ci obtenu, j'ai compris combien il me tenait à cœur de devenir ingénieur. J'en ai parlé à mes directeurs. Ils ont avancé moult arguments qui ne se défendaient guère. Ayant réussi mon concours d'entrée à l'école d'ingénieurs, j'ai alors pris un congé individuel de formation financé en partie par un organisme. Je venais de me marier avec Catherine, une psychologue du travail. Elle m'a soutenu. Mes patrons, qui étaient censés me réintégrer dans l'entreprise à la fin de mes études, m'ont alors proposé un poste de cadre à Beauvais. C'était très intéressant. Seulement, il y avait un problème géographique. Pourquoi offrir le Nord à un gars du Sud ? C'était une provocation. J'ai démissionné. « Pendant un an, en qualité d'ingénieur et de responsable de qualité, j'ai supervisé le labo et la sécurité pour une société spécialisée dans le traitement de déchets industriels à base de cuivre et d'arsenic à Carcassonne. « Mais je n'étais pas heureux dans cette boîte. Les financiers qui la dirigeaient ne pensaient qu'à faire de l'argent et ne présentaient aucune éthique industrielle. - Le personnel ouvrier, c'est du bétail, m'a affirmé un jour l'un d'eux. « Ce fut le mot de trop… “Maintenant, me suis-je dit, tu vas trouver une entreprise qui te convienne.” « J'ai prospecté. Le 1er avril, une entreprise m'a contacté. C'était Blancolor. J'ai rencontré ses dirigeants. Immédiatement, j'ai remarqué que je me sentais bien parmi eux. »
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