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Mérigot Marchès
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Alain Mourgue
 
Présentation
Mérigot Marchès a tout juste une vingtaine d'années lorsqu'il entre dans l'histoire du grand brigandage. En cette année 1379, les chemins du royaume de France sont sillonnés de « routiers », redoutables combattants démobilisés et privés de solde durant les trêves qui émaillent la guerre de Cent Ans. Sa participation à la prise par ruse du château de Ventadour en Limousin, près d'Ussel, est son premier « exploit. » D'une bravoure reconnue, Mérigot devient rapidement le chef d'une bande armée qui, au nom du suzerain anglais mais agissant le plus souvent pour son propre compte, mène la vie dure aux seigneurs d'Auvergne. Il n'hésite pas à s'attaquer aux biens d'un des plus puissants personnages du royaume de France, le duc de Berry.
Extrait du livre
Il revoit les stigmates de la frayeur inscrits sur le visage de la femme, complètement pétrifiée, lorsqu'ils franchirent la porte et mirent pied à terre. - « J'ai promis la vie sauve à cette pauvre femme si elle consentait à nous remettre les clés du château et du donjon et j'ai tenu parole ! » hurla-t-il, en grimaçant de douleur. Elle ne se l'était pas fait répéter deux fois et, abandonnant la dépouille de son mari au milieu d'une mare de sang, le front percé par le carreau d'arbalète, elle était partie en courant, emportant avec elles quelques hardes prises hâtivement. Le couple était seul. Le fort était désormais en leurs mains. Ils y restèrent jusqu'en l'année 1387. Mérigot demande de l'eau. On lui tend une cruche qu'il vide… L'eau dégouline sur son menton. Il se sent épuisé. - « Au cours de tes chevauchées et pillages en terre d'Auvergne, tu as certainement rencontré des Tuchins. As-tu fait commerce avec eux ? Répond ! » Le ton du prévôt est dur, cassant. Il a croisé, en effet - à plusieurs reprises - ces bandes de loqueteux errant le long des grands chemins et dans les bois. C'était des paysans qui avaient pris le maquis, la tosca, la touche, d'où leur surnom de Tuchins. Ils venaient du sud du Languedoc, des Cévennes et du Velay. Ils parcouraient les campagnes et attaquaient, avec une particulière cruauté, les marchands et les sergents du roi qui s'aventuraient sur les chemins sans une solide escorte. Beaucoup de ces misérables étaient revêtus d'une peau de chien, ce qui fit croire, à tort, que le terme dont on les avait affublés venait de tue chiens. Ainsi vêtus, ils rappelaient les loups- garous et les galipots. Afin de leur échapper, certains riches négociants se couvraient de peaux de chèvres. Cette ruse était souvent déjouée car, lorsqu'ils s'emparaient de voyageurs, les Tuchins examinaient l'état de leurs mains. Si la peau était blanche et sans cal, les hommes étaient irrémédiablement massacrés avec une grande sauvagerie. Ils campaient aux abords des cités et dressaient des embuscades. Des alliances occasionnelles se nouèrent entre les Tuchins et certaines cités en révolte contre le fisc. Ponctuellement, à l'occasion des trêves, certains routiers sans emploi n'hésitèrent pas à se joindre brièvement à des groupes de gueux. - « Je suis un homme de guerre et gentilhomme de surcroît ! A aucun moment je n'ai pactisé avec ces bandes de miséreux dont certaines étaient parvenues à prendre Carlat et Châteauneuf de Randon avant de menacer Saint-Flour ! L'annonce de leur massacre à Mentières par les milices bourgeoises de Saint-Flour ne m'a point ému ! » fait-il remarquer d'une voix que la fatigue et la soif rendent moins claire. Monsieur de Folleville semble satisfait par cette réponse. Du reste, l'éventuelle complicité de Mérigot avec les Tuchins n'est nullement attestée et ne figure pas à l'acte d'accusation. Par contre, l'accusé doit s'expliquer sur les pactis qu'il a encaissés durant plusieurs années. Les pactis étaient des sommes versées aux routiers Anglais qui infestaient le pays par ceux qui préféraient acheter une paix relative et épargner leurs biens plutôt que de se mobiliser pour se défendre de l'insécurité permanente.
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