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Fantasmagories # 1
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Laure Le Goff
Présentation
Un jeune Parisien, fraîchement mis au chômage, se voit proposer un étrange emploi par son cousin. Ce dernier l’obligera ainsi à sortir de sa tanière pour aller à la rencontre des gens et de sa ville, avec tout ce qu’elle comporte d’attirant et de piégeant. Après sa rencontre avec une jeune américaine, s’en suivra pour lui une douloureuse quête initiatique où le réel se verra altéré par l’intrusion des premiers signes de folie, ou de la solitude profonde à laquelle le héros ne peut échapper.Il s’agit ainsi de la vie tragiquement simple d’un homme, dont l’existence se charge de venir l’affubler de contraintes qu’il ne peut qu’assumer, s’aidant alors de ce qu’il peut trouver pour le soulager de devoir... vivre.En définitive, l’Homme est-il vraiment maître de son devenir ?
Extrait du livre
« Mon réveil fut activé par la sonnerie d'un foutu téléphone…Le mien ! Il me semblait bien avoir mis le répondeur pourtant. Après un effort modeste de quelque seconde, je parvins à décrocher le combiné, mais je ne reconnus pas la voix. Un mal de crâne vint accentuer mon malheur et je cherchai frénétiquement l'heure du regard. L'horloge de mon réveil m'indiquait qu'il n'était pas encore 09h. À l'autre bout du fil, la voix me devenait de plus en plus familière, mais je ne comprenais pas ce qu'elle me disait. On me parlait d'un accident, on me disait de venir au plus vite, et puis là, clairement, en un instant, je sus qui me parlait... C'était Ted. Il me fallut du temps pour sortir de ma léthargie. J'étais comme assommé. Je lui dis de se calmer et lui demandai comment il avait eu mon numéro. Il ne répondit pas, mais reparla de l'accident. Sa voix était lasse, cependant qu'elle trahissait une grande nervosité. Il me dit d'aller à l'hôpital au plus vite car mon amie avait été renversée. Je n'y comprenais rien. Quel hôpital ? Quelle amie ? Quand est-ce que j'allais me recoucher ? Il finit par me lâcher le nom de l'hosto, puis celui de la fille, mais tout ceci ne me disait rien. Il raccrocha. Je ne savais pas quoi faire alors je pris mon petit carnet de poche pour y noter les noms. Éberlué et amer d'avoir été dérangé dans mon sommeil, je préférai me recoucher. Impossible de fermer l'œil, bien sûr. Je n'arrêtais pas de cogiter sur le coup de fil. Peut-être l'avais-je rêvé. Tout comme ce nom qui ne m'évoquait rien. Je me demandais comment Ted avait pu trouver mon numéro. Je ne lui avais pas donné. Je lui avais cédé mon prénom, mais pas de quoi fouiller dans l'annuaire et nous n'avions aucune connaissance en commun. Du reste, il me semblait que non. Et puis d'ailleurs, cette amie, qui était-elle ? Je m'apprêtai à me lever quand soudain la peur m'envahit en même temps que ce maudit mal de tête. Je n'osai pas m'arrêter sur la pensée qui me laminait l'esprit. Non, c'était impossible… Pas possible ! Il n'était que 10h20 à mon réveil. Je me fis un grand café et je sentis mes jambes flageoler. J'étais hanté par son visage. Qu'avait-il pu se produire ? Qu'avait-elle fait après m'avoir suivie ? Je ne compris pas le cheminement de ma pensée. Avec mon café -coupé d'une lichette de Scotch-, j'avalai deux aspirines puis allai me doucher. Il était midi passé d'une poignée de minutes quand j'arrivai à l'hôpital. Je demandai la chambre de la fille. On m'indiqua la 322. Après être ressorti fumer une cigarette, j'y montai à reculons. Arrivé à l'étage, j'arpentai le couloir en décomptant le numéro de chaque chambre. J'avais l'impression de filer droit vers mon jugement dernier: l'ultime procès… La Grande Loterie, quoi ! J'y étais. La porte était largement entrouverte et je ne perçus que le bout d'un lit. Je n'arrivais pas à rentrer. Une infirmière me vit et me demanda si j'avais besoin d'aide. J'eus envie de lui crier : « Oui ! Plus que jamais !... », mais je lui répondis que non merci, j'avais bien trouvé la chambre. À ma pâleur, elle vit que quelque chose n'allait pas mais par la politesse (ou l'habitude) liée au métier, elle n'insista pas et s'en retourna travailler. Au bout de quelques minutes, j'osai enfin rentrer et petit à petit, pas à pas, je la découvris tout entière. »
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Domaine
Livres Fiction et Littérature
Sous-domaine
Science-fiction et Fantasy
Catégorie
Fantastique
Public(s)
reserve aux adultes
Nombre de pages
77
ISBN
2-7481-8360-6
EAN
9782748183603
Date de parution
18.07.2006
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