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Elles brisées
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Laurence Guicharnaud
 
Présentation
Une vie sans problème entre un mari et deux enfants. Claudie Abas, libraire, ne va pas tarder à basculer dans l'horreur. Il suffit d'une rencontre, d'une amitié qui naît. Elle découvre une enfance massacrée par l'inceste au travers de l'histoire de Phaedra et de ses écrits. L'inceste? Il n'existait que dans les journaux, dans d'autres villes. Toujours loin de soi. Claudie se révolte contre cette réalité qui la bouleverse. Les notables portent parfois des masques. L'indignité se vêt de respectabilité. Elle veut dénoncer les coupables, publier les poèmes hurlés par son amie. Mais un jeu de miroirs insoupçonnable se met en place. Jusqu'où cela ira -t-il?
Extrait du livre
Assez étrangement, moi qui partage tout avec mon époux, qui raconte mes échanges journaliers, mes rencontres, je n'avais pas soufflé mot du secret dévoilé par Phaedra. Ma confiance en sa discrétion était totale mais une retenue inexplicable m'empêchait de parler. Afin de dissimuler mon trouble, je m'étais montrée certainement trop volubile au cours de la soirée car il avait posé plusieurs fois sur moi un regard interrogateur. Il ne m'avait cependant pas questionnée. La soirée s'était étirée, les heures refusant de se décompter en minutes, les minutes en secondes. Les pendules s'étaient arrêtées dans toute la maison. Mon attention ne pouvait se porter sur aucune des activités qui m'étaient chères. « Le crime des pères » de Michel Del Castillo était resté sur la table du salon, et je n'avais pu me blottir sur l'épaule maritale pour regarder un film. Je vaquais à ne rien faire. De la cuisine au salon, du salon, au bureau, je touchais et retouchais divers objets inutilement. Dans mon crâne tourbillonnait ce mot fatidique, monstrueux « inceste ». Et à chaque passage au salon, je parlais, parlais pour ne rien dire, pour taire,pour ne pas risquer de dire. Lorsque j'étais arrivée avec une demi-heure d'avance à notre rendez-vous, Phaedra m'attendait déjà. Sur la table, trois tasses de café noir témoignaient de sa nervosité. Un énorme cabas à ses pieds débordait de cahiers d'écolier à spirale tandis que soigneusement posé sur la banquette, à côté d'elle, un porte-documents avait attiré aussitôt mon regard.Je l'avais embrassée avec douceur, comme un petit animal blessé. Bambi ! C'était exactement à lui qu'elle m'avait fait penser à ce moment-là, légèrement tremblante, son regard brun troublé, apeuré. Elle avait recommandé un expresso en même temps que moi. Elle se noyait dans le café comme d'autre dans l'alcool. Elle devait puiser réconfort et courage dans la chaleur et la force des « petits noirs ». Nous avions attendu que le serveur nous porte notre commande mais, dans le fond, nous ne savions, ni l'une ni l'autre comment aborder le sujet, comment continuer nos échanges informatiques. Tout avait semblé plus facile par écran interposé. Je bouillais de colère envers moi-même, envers ce silence que je laissais s'étirer entre nous. C'était elle qui l'avait rompu d'une voix très basse, rauque, hachée par une respiration haletante, difficile. Elle faisait un effort considérable pour dire sans s'effondrer. Je connaissais tellement bien cette tentative de maîtrise de soi face à l'autre et quel que soit cet autre. Elle ne voulait pas pleurer, elle souhaitait taire sa souffrance, ne pas la partager. Elle avait donc débuté son récit. Jusqu'au mois de mai 2004, nous étions alors en septembre 2005, elle avait vécu « normalement ». Subitement, elle était tombée dans un trou noir qu'elle avait aussitôt identifié comme étant une dépression nerveuse. Son médecin avait confirmé son diagnostic et l'avait renvoyée vers un médecin-psychiatre. Pendant trois mois, elle avait lutté contre la désespérance et le chant enjôleur du suicide. Sans la présence de son mari, Jean Elboy, elle ne serait probablement pas, ici, dans ce bar, à me parler, à découvrir malgré tout, l'émerveillement d'une vraie rencontre humaine. (A ces mots, je m'étais intérieurement rengorgée tel un pigeon !). Lorsque le traitement chimique avait apaisé les vagu
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