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L'enfant oublié ou l'étreinte du désert
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Chiron
 
Présentation
« Lorsque les larmes m'ont surpris, je me suis dit : je ferai la chose que je connais le mieux, écrire !» Ainsi commence l'histoire de Wahid, la veille de ses trente-six ans. L'histoire d'une double obsession. Celle de retrouver son fils oublié pendant quinze ans, et celle d'une relation singulière avec T…, le détective. Le seul qui a su se tenir devant lui en silence. Comme si les paroles ne disaient plus rien. Comme si un seul regard suffisait pour tout comprendre. Dans un univers d'écriture tourmentée, d'alcool pour les démons de la vie, de drogue contre les fantômes et les regrets, leurs deux corps se languissent de passion sans oser s'avouer leur amour. Chiron est tunisien et vit actuellement au Canada, L'enfant oublié ou l'étreinte du désert est son premier roman.
Extrait du livre
J'ai passé ma main autour de ton épaule et je t'ai tiré vers moi. Viens, T…. Repose ton fardeau sur mon corps. À deux ça se porte mieux. Viens, je te dis. Il ne faut pas avoir peur. Tes confidences n'ont rien d'abscons. Les miennes sont vilaines, tu vas voir. On n'est pas des âmes turpides, pour autant. Laisse-toi caresser. Je sais comment faire. Après tout, c'est de ma faute. C'est moi qui t'ai poussé à retrouver ces souvenirs. Oui, c'est cela. Déflore-le ce visage par ta bouche acharnée. Attrape mes cheveux dans tes mains et éparpille-les, comme bon te semble. Presse-moi contre toi, peut-être qu'une fusion sera possible ! Serre encore plus fort, je sens qu'on peut y arriver. Tes mains caressent mes cuisses. Elles gagnent l'entrejambes, découvrent le membre raidi et, encouragées, elles s'aventurent plus loin. Tes doigts tâtonnent, farfouillent dans les boutons de ma braguette. Ne fais pas attention aux vêtements. Arrache-les s'il le faut. Ne sois pas trop gêné. Tu n'es jamais gêné. Nous voilà nus, T…, à un mètre de la cheminée. Mais, c'est ta chaleur qui brûle mon corps. Laisse-moi goûter au tien. Il est salé et musqué. Comme lorsqu'on marche sur le sable au bord de la mer, et que ce goût nous surprend sans prévenir. Un goût salé. Quant au musc, ça me rappelle l'Afrique. Oui, j'ai complètement raison, ta peau goûte l'Afrique et la mer. Et je compte y plonger. Quand l'irrésistible est là, il est difficile de ne pas y succomber. Et nous avions succombé, dès le premier soir. À nos risques et périls, T…. Il n'y a rien d'impossible. On pourrait tout affranchir. Tout. Sauf l'amour. Ah, non ! Pas ça ! Surtout pas. Viens, je sens le déséquilibre en moi. Je ne contrôle plus rien. Tu ne contrôles plus rien. Déleste-toi de ces exténuants souvenirs. Un cyclone d'excitation nous emporte. Nos lèvres se soudent l'une à l'autre. Nos corps se déchaînent l'un contre l'autre, enflammés et assoiffés, ils se languissent de passion. Ils répondent, présent, à l'appel de cette tentation incontrôlable. Nos respirations s'affolent de plus en plus. L'étreinte est possessive, T…. Fulgurante et mortelle. Et déjà nos deux corps s'enroulent, à différents endroits, à gauche, à droite, sur je n'en sais trop quoi. Avons-nous heurté la table du salon, T…? Sens-tu l'eau du vase renversé ? Cette eau mêlée à nos sueurs ne faisait qu'augmenter nos concupiscences. L'esprit n'existe plus. La raison s'est dissoute. Le temps s'est échappé de sa logique. Libre, il s'est évaporé. Nous, nous nous sommes abandonnés à ce désir fiévreux. Et, au même moment que mon souffle s'évanouit de plaisir, tu as laissé filer un râle fulgurant, à l'orée de mon oreille. Un râle mélangé avec les battements agités de mon cœur. Tu as allumé une cigarette, tandis que j'ajoutais du bois dans la cheminée. Tu allumes toujours une cigarette, que tu partages avec moi, après nos débats passionnés. La bouteille de vin tirait à sa fin. Il ne restait qu'une gorgée que tu as avalée d'un trait. Tu es allé chercher une bouteille de cognac au mini-bar et tu nous as servi deux verres. Tu savais que je ne dirais pas non. Je bois toujours, je bois constamment et je ne suis jamais ivre, T…. Toi non plus. Comment peut-on être ivre ? Je ne comprends pas. Tu déposes les verres par terre. Et tu vas chercher une couverture. Je sais déjà laquelle.
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