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Fiche Livre
J'ai failli t'offrir une rose
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Joan Ott
 
Présentation
Peut-on refaire sa vie avec une femme qui ne possède pas une once de fibre maternelle, quand on a trois enfants à demeure que leur mère semble vouloir oublier ? Peut-on refaire sa vie avec le père de trois enfants, quand on n’a jamais éprouvé le moindre désir d’être mère? Non, n’est-ce pas ? C’est pourtant ce qu’ils vont tenter…
Extrait du livre
Il se tient les jambes largement écartées, le bassin appuyé contre l'évier. Il adopte volontiers cette position pour faire la vaisselle ou pour laver les légumes. La seule position qui ne fatigue pas le dos, dit-il. Le dos, c'est ce qui se fatigue le plus vite chez l'homme moderne. Toujours assis, l'homme moderne. Assis derrière son bureau, assis derrière son volant, assis devant sa télévision. Assis, l'homme moderne. Oui, assis, le plus souvent. Alors, debout contre l'évier, dans la cuisine, pour préparer le repas ou pour faire la vaisselle, l'homme moderne risque de fatiguer son dos, déshabitué qu'il est à se tenir debout, debout contre un évier trop bas pour lui, puisque conçu pour la femme, notoirement plus petite que l'homme. Cela reste vrai. Même en ces temps modernes, songe l'homme occupé à nettoyer la feuille de chêne du soir. Quatre rinçages, c'est le minimum. Quatre rinçages, sans quoi il risque de rester de la terre ou même des bestioles. Ce ne serait pas la première fois. Quatre rinçages donc. Au moins. Et pourquoi les concepteurs d'évier persistent-ils à fabriquer des éviers trop bas. Trop bas pour l'homme moderne, se demande-t-il. Trop bas pour lui, à coup sûr, qui est grand. Quand il refera sa cuisine, il fera installer un évier à sa hauteur, décide-t-il. Ainsi, il n'aura plus besoin de se tenir les jambes écartées, posture inélégante, il en convient, mais seule capable de ménager son dos. Son pauvre dos d'homme moderne. Son pauvre dos d'homme moderne et fatigué après une longue journée de travail assis derrière son volant, puis assis derrière son bureau, puis assis derrière son volant encore, avant de se retrouver assis devant sa télé. La salade est propre à présent. Il défierait n'importe qui d'y trouver quelque chose encore, végétal ou animal, qui ne soit pas de la salade. Cette feuille de chêne qu'il préfère à toutes les autres salades, et surtout à la laitue qui, tout le monde en convient, n'a aucun goût, mais qu'on continue à consommer par la force des choses, parce qu'elle est moins chère que les autres salades. Mais lui, il a les moyens de s'offrir de la feuille de chêne, toute l'année, même en hiver, même en janvier, quand les salades et les légumes atteignent des prix scandaleux. S'il avait le temps, il ferait ses courses au marché, chez les paysans, les vrais, ceux qui n'utilisent pas d'engrais et qui n'écrivent pas non plus sur leur écriteau Culture Biologique pour augmenter leurs prix. Il ferait ses courses chez les paysans qui n'écrivent rien du tout, qui se contentent de cultiver leurs légumes et leurs salades comme le faisaient leurs grands-parents, pas par conviction écologique, non, simplement parce que l'engrais, c'est trop cher, et que pour quelques salades, ça n'en vaut vraiment pas la peine. Il irait chez ces paysans qui viennent vendre au marché trois salades, quelques bottes de carottes, dix kilos de pommes de terre, un coq, un lapin, puis rentrent chez eux. Contents parce qu'ils ont tout vendu très vite, contents de rentrer dans leur ferme où ils continueront à cultiver comme leurs grands-parents, pas par amour des bons produits, non. Par manque d'imagination plutôt. Et surtout, parce que les engrais, les pesticides, pour leurs trois carottes, ça ne vaut vraiment pas le coup.
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