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Le décalage D. Arbre
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Franck Zerbib
 
Présentation
Le décalage D. Arbre est un roman complexe construit autour de questions simples : A notre époque saturée d’images, quel rôle jouent celles-ci dans notre rapport au monde ? Sont-elles devenues réelles au-delà du réel ? Apprenti réalisateur, BOZ ne peut s’extraire du fantasme qui lui fait prendre son existence pour un scénario de film. Pour lutter contre le pathétique de sa situation, il sublime ses actes dans une fiction hollywoodienne. Sa rencontre avec Daniil Arbre, et la découverte de son secret, vont transformer littéralement sa vision des choses. Débutant comme un roman classique, Le Décalage D. Arbre se décompose au fil des pages, jusqu’à atteindre une zone d’écriture où fantastique, réalisme et poésie se confondent pour tenter de résoudre une captivante énigme philosophique.
Extrait du livre
Comme beaucoup d’apprentis parisiens, Gabriel adorait le métro et n’imaginait pas pouvoir s’en lasser un jour. L’apparente complexité des lignes, les marées humaines et l’immensité du réseau l’entretenaient dans les illusions qu’il s’était créées. Sous les trottoirs, dans la lumière artificielle, il cultivait naïvement son petit jardin d’aventurier, d’artiste vagabond, il se rêvait un destin de génie, parti de nulle part, des galets du Havre aux pavés de la capitale. Il regarda discrètement l’homme assis en face de lui et certains signes ne le trompèrent pas, notamment la marque de ses lunettes et le saumon des pages Figaro. Egal à lui-même, Gabriel s’inventa un monologue imparable sur la bêtise humaine et revendiqua sa différence en s’assurant qu’un jour, lorsqu’il serait BOZ, lorsqu’il serait célèbre, il parlerait à la face du monde, et que, ça n’était pas tout, la bourse et les écoles de commerce, mais que l’art aussi était une nécessité. - Excusez-moi monsieur ? Le lecteur aux pages saumon le regardait tellement droit dans les yeux qu’il douta d’avoir pensé tout haut. - Oui ? - Vous avez laissé tomber votre écharpe. - Oh… merci monsieur, merci. L’homme fit un signe de tête puis la replongea dans son journal, Gabriel posa l’écharpe sur ses genoux serrés, et son reflet vint lui faire de l’œil dans la vitre. Il n’était plus BOZ du tout, mais juste lui, Gabriel Bozule, rasé de près pour aller au travail. Sans s’en rendre compte, Gabriel effleura alors les structures fondamentales de sa toute jeune personnalité : sa propension à la mégalomanie et sa panique existentielle. Ces problèmes ne dataient pas d’hier. Alors qu’il n’était pas entré en troisième, qu’il n’avait encore ni embrassé de fille ni vu aucun film de Welles, Gabriel s’était déjà inventé l’âme d’un personnage de roman. A cette époque, toutes les petites aventures dont il avait été le héros avaient trouvé un écho dans l’Absolu. Il suffisait d’un quinze en français ou d’un gentil regard de sa voisine de palier pour que l’univers entier se mette à tourner pour lui, des spécialistes étudiaient sa biographie, des émissions lui étaient consacrées et on donnait son nom à une rue de New York. Gabriel avait banalement fabulé pendant son adolescence, et ses illusions l’avaient peu à peu convaincu de son importance, si bien qu’à quatorze ans, il était absolument résolu à écrire ses mémoires et qu’à vingt-trois, il n’y avait pas complètement renoncé. Il dormait presque, et il souriait bêtement, les mains dans son manteau et le visage collé à la fenêtre du métro. Lorsque les freins eurent fini de hurler, il se frotta les yeux, lut la plaque sur l’arcade, et manqua la Gare de l’Est. En trottinant dans les couloirs du changement, Gabriel sentit passer une petite bouffée de bonheur. Finalement, il n’était pas mécontent de se rendre une nouvelle fois au Zénith. C’était encore le seul endroit où il connaissait du monde. Le concert de ce soir allait attirer une foule de gens, et même si le groupe n’était pas terrible, le Hard donnerait soif au public, et avec la climatisation trafiquée en plus, des armées de cheveux longs allaient batailler sec pour les canettes de bières à vingt balles, ils allaient payer, boire, danser, payer, boire et engloutir sans faire chier, les sandwichs au jambon gluant que Grangire leur vendrait par l’intermédiaire de ses employés en uniform
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