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Fiche Livre
Auschwitz, le 16 mars 1945
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Alex Mayer
 
Présentation
Dans le camp récemment libéré par les troupes soviétiques, les rescapés réapprennent à vivre. Pour Alex Mayer, il n’y a qu’une priorité : écrire. D’abord pour lui-même, pour tenter de comprendre, pour ne pas oublier, mais aussi pour ceux qui ne sont plus, qui ne pourront pas témoigner. Ne possédant pas de papier, c’est sur des formulaires du camp d’extermination qu’il commence à écrire son journal. Rassemblant ses forces physiques et psychiques, il raconte la bravoure et la cruauté, la folie, les petits gestes qui sauvent et ceux qui condamnent. Il consigne les faits, reconstitue la chronologie de ce voyage en enfer, de son arrestation par la Gestapo à Vichy jusqu’à la fin (toute relative) du cauchemar. Son témoignage n’a jamais été publié jusqu’à ce jour.
Extrait du livre
Rester maître de soi Durant les journées qui suivirent, j'eus l'occasion de me familiariser avec le camp. Nous logions dans un bloc qui contenait mille deux cent détenus et leurs gardiens. Le Chef de bloc avait une chambre superbe où rien ne manquait : tapis de haute laine, tableaux, fleurs. Pas de poste de T.S.F. (interdiction absolue d'écouter la radio), mais ces Messieurs se débrouillaient. Chaque maison était composée d'un rez-de-chaussée surélevé et d'un premier étage, avec grenier au-dessus. Constructions très modernes, grands lavabos à eau courante, décorée de fresques représentant d'un côté, de vigoureux S.S., torse nu en train de se laver à grande eau, de l'autre les détenus se mouillant le bout des doigts, avec une légende explicative en allemand : " ce qu'il faut faire, ce qu'il ne faut pas faire ". Au rez-de-chaussée, et au premier quelques fois, des W.C. à sièges multiples. Partout des double fenêtres et d'énormes fourneaux revêtus de carreaux de faïence. J'eus la malchance de rester du 4 août au 25 septembre au bloc 24 dit " bloc de Quarantaine ". Le travail terminé - et quel travail- exténués, harassés, il nous fallait supporter chaque jour une nouvelle lubie du Blockovitz et de ses acolytes. C'était, en plus des appels interminables, des séances de battage de couvertures, l'obligation d'aller se faire doucher, même s'il n'y avait pas d'eau. Il fallait rester dehors. Pendant ce temps, les lits étaient mis à sac. Au milieu de la nuit, on nous réveillait brusquement pour entendre les discours idiots du chef de bloc complètement saoul. Il nous fallait parfois courir nus autour des blocs. Pour des prétextes futiles et même sans, notre maigre pitance nous était refusée, et il fallait attendre au lendemain pour manger. Pendant ce temps nos bourreaux venaient par sadisme (car ils avaient des fourneaux dans leur chambre) faire cuire des pommes frites, et de belles tranches de viande sur de petites poêles installés chez nous et uniquement destinés à cet usage. Avec quels yeux nous regardions ces Messieurs s'empiffrer ! Chaque soir, il y avait de nouveaux invités et l'alcool coulait à flots. Je parvins assez vite à trouver la volonté nécessaire pour rester maître de moi, car c'était une jouissance de plus pour nos gardiens que de nous voir souffrir. Presque tous étaient des Polonais et des Allemands aryens, véritables monstres de perversion. Ce que nous avons pu être battus ! Certains avaient parmi nous des favoris qui, pour se faire bien voir, dénonçaient leurs camarades mensongèrement. Trois fois par semaine, il y avait dans la grande salle de notre bloc, une séance de cinéma, pas pour nous bien sûr. Ces soirs là, dès 7 heures, nous étions consignés dans les chambrées. Tant pis pour le pauvre type qui n'était pas arrivé assez tôt pour la distribution du pain, il s'en passait. A la porte, le Blockovitz en personne recevait des invités porteurs d'un carton. Une foule se pressait, houleuse dans l'escalier : Polonais, Allemands aryens. malheur au pauvre juif, qui par hasard, était pris dans le remous. Il était sûr d'être passé au tabac et nous nous passions de dormir.
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