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L'Eire des amants
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Dominique Le Meur
 
Présentation
L'Eire des Amants est situé dans l'Irlande contemporaine, oscillant entre modernité héritée du Tigre celtique et mentalités d'hier encore tenaces. Lucas et Debbie, tous deux englués dans leur mariage respectif, commencent une relation clandestine aussi intense que dévastatrice, sur fond de société irlandaise, où l’éducation religieuse et le conservatisme pèsent toujours sur les esprits. Histoire d'amour-passion à haut risque, le roman emmène le lecteur sur les chemins de traverse d'un univers où l'herbe folle court à la surface des mots enfouis.
Extrait du livre
I J J’ai encore raconté des histoires à mon mari. J’ai un peu de temps devant moi. La nuit est déjà tombée. On va boire un verre au bar du Park, hôtel chic près de l’université. J’aime les vendredis soirs. Après le travail on se retrouve et on passe une heure ou deux ensemble avant de rentrer. On choisit toujours le même coin, un peu à l’écart, près de la cheminée. Des plantes grasses placées sur les rebords de la banquette nous dissimulent des regards. Comme d’habitude, on parle beaucoup. De nous, de nos couples, de nos vies. De nos rêves. Instants magiques. Dix-neuf heures. C’est l’heure de partir à petits pas. On monte dans ta voiture garée sur le parking et on s’embrasse fiévreusement. Tu inclines ton siège au maximum. J’en fais autant. L’impression soudaine d’être dans un vaisseau spatial avant le décollage. Je soupire ‘je t’aime’, tes mains passent sous ma jupe, tu baisses mon collant. Tes caresses, ta bouche, tes baisers propulsent une fois de plus, tout mon corps à la vitesse du son vers des galaxies de plaisir. Pendant qu’on s’étreint, des voitures nous éblouissent de leurs phares en se garant près de nous. Qu’importe ? La buée des vitres nous protège. Je te murmure  encore ‘je t’aime’. * * Six heures vingt-deux. Cristaux liquides rouges en suspension dans la nuit. Comme mon souffle. Dehors il fait noir. Les dernières étoiles éparpillent leurs paillettes lumineuses. Quand je me suis réveillée, il était six heures vingt-deux au radioréveil. Je me lève, enfile mon peignoir et sors sans faire de bruit. Je passe devant la chambre de mon mari sans m’arrêter et descends. Dans ma mémoire est gravée l’heure incandescente à laquelle j’ai ouvert les yeux. Ma journée a commencé à six heures vingt-deux. Dans la véranda à la baie vitrée, je me plonge dans le ciel changeant. J’y regarde et y vois le visage de l’Inconnu. Ce ciel est immense, pensé-je. Silence des matins d’hiver. Tout, autour de moi, est encore engourdi. Je respire en fermant les yeux puis me replonge dans l’immensité. Ciel, étoiles, Magritte, jour, nuit, Empire des Lumières, Clara, ma petite fille, lui, visage, Inconnu, quel chemin ? Lui, me perdre, me retrouver, m’enfuir, ne pas réfléchir, quitter cette forme sous les couvertures ; Lui, le semeur de doutes, le laboureur de mes certitudes d’alors, cultivées de mon mieux. Mon Dieu, il est six heures vingt-deux, l’heure où tout va basculer, l’heure où tout a déjà basculé. Six heures vingt-deux, je bascule vers les incertitudes de l’Inconnu. * * Pourquoi moi ? Je suis plus vieille que toi. Et toutes ces minettes que tu as en cours ? Elles ont vingt ans, elles portent des T-shirts qui laissent voir leur nombril où brillent des diamants. Elles sont en admiration devant toi. Tu dois bien t’en rendre compte. Alors pourquoi moi ? * * Lucas prit finalement un appartement sur la Dublin Road, à mi-chemin entre l’université et la ville. Il l’a sans doute pris à cause du parking dans la cour de ce qui forme un petit lotissement clos, d’une cinquantaine d’habitations en briques rouges, toutes à un étage. Au moins la voiture serait-elle en sécurité. Lucas posa ses valises sur la moquette neuve et contempla son nouvel univers : une sorte de salon aux meubles bon marché, une cuisine dont la fenêtre avait un carreau de fêlé, une salle de bains sans fenêtre, une chambre double avec une armoire, une autre sans, qui ne pourrait servir que de débarras. La rue. Le vacarme. I
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