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Guy Debord et l'ivresse mélancolique
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Anna Trespeuch
 
Présentation
Depuis les surprises-parties cannoises d’après-guerre jusqu’à son ermitage auvergnat, le théoricien iconique de La Société du spectacle fut un buveur invétéré. Au soir de sa vie, Guy Debord présenta son addiction comme « la fidèle obstination de toute une vie ». La consommation quotidienne d’alcools conditionna son rapport au réel, à la création et à la politique. Elle fut à la fois une échappatoire, un pied de nez à la société bourgeoise, une exploration collective des confins de la liberté absolue, le pilier d’un nouvel ethos révolutionnaire, une critique en actes des dérives de la viticulture productiviste. L’art de boire chez Guy Debord refléta sa mélancolie, déchirée entre la voyance d’une société utopique et les matins ternes des déceptions politiques.
Extrait du livre
Du jeune provincial débarqué de la Côte d’Azur à Paris, en 1951, au vieux philosophe reclus dans un hameau auvergnat, où il se suicide en 1994, une habitude a accompagné Guy Debord tout au long de sa vie : la consommation quotidienne d’alcools. Ce fut d’abord une pratique festive et juvénile nimbée de l’imaginaire des Poètes Maudits et stimulée par l’effervescence du quartier de Saint-Germain-des-Prés. Puis la griserie devint une composante essentielle du comportement révolutionnaire et clanique prôné dans les mouvements artistiques et politiques que Guy Debord fonda successivement : l’Internationale Lettriste en 1952 puis l’Internationale situationniste en 1957. À titre personnel, Guy Debord érigea l’ivresse en flambeau d’une radicalité voulue sans concession. Jeune homme, elle lui servit d’échappatoire dans un monde qu’il abhorrait. Puis la dissonance éthylique s’installa durablement dans son rapport au réel. Elle opéra comme un filtre, voire comme un philtre, qui catalysa sa rage à renverser le monde ancien et à inventer une société nouvelle. Les vertiges de l’alcool le soutinrent dans son élaboration d’une dialectique visant le dépassement de l’idéalisme et du nihilisme. Cette quête incessante exprimait une profonde mélancolie qui se teinta progressivement en atrabile. Quant à sa lassitude de ce monde, elle muta en refus de la société dont il se retira.
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