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L'Etranger
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Maria Jesus Cabral Ana Clara Santos
 
Présentation
Se sentir étranger (à soi-même ou au autres) ou être perçu comme tel relève d'un jeu de perception et de regards multiples que l'art et la littérature ont souvent étudiés : toute une partie de l'histoire littéraire prend assise sur la notion d'étranger, parfois ambiguë. Les contributions regroupées ici étudient les diverses formes que prend la dimension étrangère et son impact sur le champ culturel français et francophone, dans lequel la figure de l'écrivain-artiste, en tant que médiateur, assure le passage entre une culture étrangère et la culture nationale. Il 'agit alors d'acclimater l'étranger et le rendre nouveau. L'ouvrage jette un nouveau regard sur le processus de déconstruction des anciennes binarités ici/ailleurs, étranger/national, centre/périphérie, où s'affirment des composantes comme l'hybridité, la polyphonie et la diaspora.
Extrait du livre
Le monde global dans lequel nous vivons aurait tendance à nous distancer de la notion même d’étranger. Or l’étranger a toujours été __ et continue à être __ plus ou moins étrange. Julia Kristeva le rappelait justement à la fin des années 80 dans Étrangers à nous-mêmes et lors d’une conférence plus récente (2014). Son questionnement, mis en épigraphe à cette introduction, rend compte de l’opacité de cette figure et des controverses soulevées par son existence. Ancrée au cœur même du civilisationnel, partagée entre la politique et l’éthique, la figure de l’étranger touche à l’identité et à l’appartenance d’une famille, d’un groupe ou d’une nation, et convoque la prise de conscience d’un Moi par rapport à un Autre, d’un Ici par rapport à un Ailleurs. Se sentir étranger (à soi-même ou aux autres) ou être perçu comme tel relève d’un jeu de perception et de regards multiples qui ne sont pas passés sous silence dans l’art et la littérature. Dit autrement : la littérature et l’art creusent ces rapports entre le même et l’autre et déclinent, sur le plan politique et socioculturel, la conscience de ces frontières, source de conflits et de compromis. Or ceci ne s’explique que par ce que Kristeva désigne comme « conception politico-juridique de l’étranger » et qui constitue, selon elle, un cercle vicieux. Les mouvements philosophiques, politiques et religieux, en enfermant certains hommes dans une cité ou dans un État-nation, ont conféré à ceux-ci les droits de citoyen et, par la même occasion, le statut d’étranger à d’autres qui n’appartenaient pas à la même sphère socio-politico-religieuse. La juridiction politique et le dogmatisme religieux font émerger l’exclusion des non-citoyens, l’extériorité d’autres hommes ou, si l’on veut, ce qui est étrangement étranger. Dans le domaine culturel, sur la notion d’étranger __ parfois ambiguë __ prennent assise une partie de l’histoire littéraire et de l’imagologie littéraire. Dans ces conditions, il s’agit d’étudier ici, d’un point de vue diachronique, certaines formes prises par la dimension étrangère et leur impact sur le champ culturel français et francophone dans lequel la figure de l’écrivain-artiste, en tant que médiateur, assure le passage entre une culture étrangère et la culture nationale. Il s’agit alors d’acclimater l’étranger et le rendre nouveau. Il y a là forcément un nouveau regard projeté sur le processus de déconstruction des anciennes binarités ici/ailleurs, étranger/national, centre/périphérie, où s’affirment des composantes comme l’hybridité, la polyphonie et la diaspora. Comme le rappelle Daniel-Henri Pageaux, l’étude de la « dimension étrangère » dans un texte ou dans une culture est à la source de toute étude comparée, car cela débouche, non seulement sur la connaissance de l’étranger (à travers les voyages, les traductions, les médiations et les réceptions), mais aussi sur le questionnement interdisciplinaire qu’il convoque au niveau de l’imagologie, de l’anthropologie et du statut de l’Autre. De l’expérience de l’étranger jaillit avec force la reconnaissance de la diversité culturelle et la question identitaire. Placée entre identité et altérité, la relation d’« exotisme » participe, selon Jean-Marc Moura, à la construction littéraire de l’« étrange étranger » et illustre la représentation littéraire de la différence culturelle.
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