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Comme des cendres sur la mer
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Jean-Paul Rigaud
 
Présentation
À trente-cinq ans, Yelena est professeur de piano à Athènes. Elle vit avec son père Yorgos qui, suite à son veuvage, a vendu la taverne qu’il exploitait sur l’île d’Egine. Yelena est hantée par la figure de Kostas, le seul homme qu’elle ait aimé et qu’elle pense avoir retrouvé. Aux frontières de l’onirisme, ce roman, dont l’action se situe dans la Grèce contemporaine, dépeint une relation père-fille complexe et ambiguë. Tout en non-dits et suggestions, il dit la difficulté de s’imposer au monde, et peut-être à soi-même. Et c’est, quel que soit le nom qu’on lui donne, l’enjeu de tout amour.
Extrait du livre
Aujourd’hui, Kostas aurait dû être à ses côtés, aujourd’hui enfin, elle aurait dû être heureuse avec le seul homme qu’elle eût aimé. Mais son père n’avait pas voulu de ce bonheur et l’accident (elle s’interdisait d’employer un autre mot), l’accident avait détruit tout espoir. Son père avait-il voulu la punir par cette fin calamiteuse ? Grotesque et épouvantable. Et tout allait recommencer, c’est ce qu’elle ne cessait de se répéter tout en revivant la scène finale, la scène d’un mauvais film qu’elle avait dû regarder jusqu’au bout. Elle n’avait jamais pesé sur rien ni sur personne et de se sentir aussi légère que si elle n’avait pas existé, ça lui donnait parfois la nausée. Une nausée venue d’elle ne savait où. De très loin sans doute. Dehors, il faisait si chaud que la plupart des Athéniens s’étaient enfermés pour dormir un peu. C’était l’heure de la sieste et seuls les étrangers s’aventuraient encore dans les rues en cherchant l’ombre ou en longeant les murs. Elle envia Yanis et Delia qui, tout jeunes mariés, se prélassaient à Paros : son frère et sa belle-sœur ne devaient guère penser à elle à cette heure, malgré leurs protestations d’affection. Elle enviait aussi, sans se l’avouer, leur bonheur qu’ils vivaient pleinement désormais. Dans la chambre d’hôtel qu’ils avaient louée à Paros pour deux semaines, elle les imaginait baignés de la douce lumière qui traversait des volets bleus. Pour elle aussi, le moment était venu de goûter au bonheur. De la vie, elle n’avait rien connu, elle lui avait simplement échappé. Mais tout allait changer aujourd’hui, c’est ce qu’elle voulait croire. À son tour, elle allait pouvoir aimer. À son tour, elle sentirait la fraîcheur de ces brises d’été, de ces brises qui soufflent sur les Cyclades. Yelena referma brusquement la fenêtre et tira le store. La pièce baignait dans la pénombre. Tout au fond, elle distinguait vaguement le vieux fauteuil canné de Yorgos, son père. Il lui sembla qu’elle ne le reconnaissait pas, que c’était un meuble étranger. Alors qu’elle le voyait tous les jours à cette même place, avec son reps fatigué et son assise défoncée, aujourd’hui, il n’était plus le même. À droite du piano à queue en laque blanche s’ouvrait la chambre de son père. Elle dut se faire violence pour en pousser la porte. Depuis le drame, depuis trois mois exactement, elle n’était pas entrée dans la pièce. Avant de partir, il avait pris soin de ranger méticuleusement cette pièce qu’il occupait dans l’appartement. Il y régnait encore une odeur de vanille, légère, imperceptible mais qui avait toujours incommodé Yelena. Elle n’avait jamais osé l’avouer à son père de peur de le blesser. Elle y faisait parfois vaguement allusion en prétextant des maux de tête. Volontairement ou non, Yorgos ne relevait jamais ces remarques et n’avait jamais cessé d’utiliser cette eau de toilette qui, dans l’air confiné de la chambre, se faufilait dans les moindres recoins. Yelena remarqua, sur la descente de lit, une épingle à cravate que son père avait dû laisser tomber en s’habillant, ce jour-là. Elle se souvint qu’elle avait un peu brusqué Yorgos qui n’en finissait pas de se préparer. Il voulait être parfaitement élégant, comme d’habitude, parce qu’il avait le goût des beaux vêtements, mais aussi parce qu’il voulait se présenter à son avantage. Il avait le souci de montrer qu’il était encore capable de séduire.
Les avis des lecteurs
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11.05.2013
Un très beau roman de Jean-Paul. J'y ai retrouvé la sensibilité émouvante de ses autres romans. Il a su créer un très beau personnage de femme à travers laquelle on se retrouve un peu... Merci Jean-Paul! Madeleine Zonza
19.08.2014
bonjour
19.08.2014
19.08.2014
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