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Avoir 16 ans à Auschwitz
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Nicolas Roth
 
Présentation
Nicolas Roth est né dans la ville hongroise de Debrecen en 1927. Elevé dans la tradition orthodoxe, il verra à l’âge de deux ans sa sœur et son plus grand frère émigrer en France puis le second en Palestine.Son père, tailleur respecté dans la petite bourgeoisie environnante, l’élèvera avec sa dernière sœur dans un certain confort, mettant au premier plan les lois juives et l’étude du talmud.Il nous livre ici une description remarquable et détaillée de la vie d’une communauté juive en Hongrie après la Première Guerre mondiale et leur participation massive à l’effort de guerre, en nous décrivant tant ses désillusions que l’image qu’elle reflète à la population « magyar » non juive.A tra
Extrait du livre
27 avril : Journée du souvenir de la déportation
Extrait 4 « L'arrivée à Dachau » :
« Mais à Dachau, fin mars 1945, nous voulions croire qu’il existait une toute petite lueur à l’horizon… Ceux qui bien sûr en avaient encore la force et la conscience…
Pour l’instant, chaque jour, chaque heure, chaque instant était un défi, une lutte, consciente ou non, pour la survie. Économiser nos forces, mais aussi faire l’effort nécessaire, le moment donné, pour éviter des coups, garder nos couvertures, les planchettes de nos châlits, convoitées par les privilégiés pour leurs cuisines mais vitales pour nous. Être vigilant pour toucher nos rations de famine. Avoir un minimum d’organisation pour pouvoir dormir. Se partager des planchettes que nous avions réussi à sauvegarder en les écartant les unes des autres pour que tous parmi nous puissent s’allonger la nuit. La nuit ! La grande affaire ! Décharnés comme nous étions, nous ne pouvions pas rester dans la même position trop longtemps sans que la douleur devienne intolérable. Étant à trois ou quatre par place, nous dormions en position dite « chien de fusil », incrustés l’un dans l’autre. Aussi, au moment fatidique, après de longues minutes passées à se consulter, nous prenions la décision de changer de côté pour dormir, à vingt-cinq ou trente, tous en même temps, plusieurs fois par nuit.

Étions-nous les plus mal traités ? Y avait-il à Dachau différents degrés de cruauté, de maltraitance ? Nous n’en savions rien.

Le SS qui venait une fois par jour pour vérifier l’effectif du Block, craignant peut-être la contagion du typhus, ne s’attardait pas dans nos coins.

Notre esprit n’était pas capable de se détacher de cette notion de faim, qui faisait presque corps avec notre être même. C’était une souffrance que je suis incapable de décrire. Elle nous empêchait presque complètement de penser à autre chose. Une régression à l’animalité. Nous ressentions avant tout cette faim douloureuse et obsédante. L’inquiétude pour notre avenir ne venait qu’après. Il importait tout d’abord de survivre ! Jusqu’à demain !

Conscients que notre présence à Dachau n’était explicable que parce qu’étant Juifs nous devions périr selon la volonté des nazis, nous ne pouvions nous y opposer que par une volonté farouche de vivre, de survivre. Bien sûr, nous étions incapables de mesurer nos chances d’y arriver. Inconsciemment, nous comptions surtout sur un miracle qui ferait que l’arrivée des Alliés nous trouve vivants.

Mais pour vivre, on doit espérer. On doit rêver. Et nous avons rêvé et espéré avec désespoir ! »

(p.401/402)
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