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Fringale de vie contre usine à mort
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Régine Skorka-jacubert
 
Présentation
Ryvka Skorka, alias Régine Hiebel dans la Résistance, a vingt-quatre ans en 1944 lorsqu'elle est arrêtée à Lyon, par la Gestapo, avec son frère Jérôme. Interrogés comme résistants par Barbie, reconnus Juifs, ils seront transférés à Drancy, puis déportés à Auschwitz-Birkenau. L'indomptable volonté de vivre de Régine lui permettra d'en réchapper... Aînée de quatre enfants, Régine naquit en Pologne occidentale tout près de la frontière allemande. Elle y apprend le polonais, l'allemand et la langue familiale, le yiddish. Toute jeune enfant elle doit s'occuper de ses trois frères car sa mère, modiste, vend ses créations sur un marché éloigné. Les conditions des Juifs polonais se dégradent rapidement dans les années vingt et la famille émigre en
Extrait du livre
Au Block de quarantaine de Birkenau: Nous avons subi dans notre Block plusieurs sélections importantes en plus de celle de notre arrivée. La deuxième sélection s'est effectuée en dehors du Block. À Birkenau on ne se lavait jamais. Il n'y avait pas d'eau. Mais il était inscrit à l'intérieur du Block : Zauberkeit ist Gesundheit (« La propreté c'est la santé »). On ne pouvait jamais se laver. Pour la deuxième sélection nous étions toutes réunies dehors et une femme polonaise, la Schreiberin du Block d'à côté, est passée derrière moi et m'a dit en polonais : « Sauvez-vous, cette sélection est une mauvaise sélection ! » J'ai fait circuler le message à quelques amies et nous nous sommes sauvées vers les latrines pour nous y cacher pendant la sélection. En effet ce fut une hécatombe. […] Pour la troisième sélection on nous a fait déshabiller, en rang l'une derrière l'autre dans le Block. Devant chaque Block il y avait le bureau de la Schreiberin, séparé du dortoir. Mon amie Ida revenait de la corvée de pain à la cuisine. Elle se trouva bloquée dans ce bureau et nous aperçut nues par la lucarne du bureau, alignées pour la sélection. Elle me fit des grands signes, à travers la lucarne, de ne pas rester derrière la femme qui était juste devant moi, Eva Goldberg, qui mesurait 1,70 m. J'ai compris, je me suis reculée et me suis glissée entre deux déportées à peu près de ma taille. Après la sélection, toujours faite par un SS, j'étais encore là, et Eva avait disparu à jamais, Eva la grande… Tout se résume ainsi : la sélection était totalement arbitraire ! Il n'y avait aucun critère ! Kippour arriva. Une femme est passée de Block en Block pour chanter Kol nidre : elle était cantatrice à l'opéra de Budapest. À la sélection initiale elle était déjà montée dans le camion qui menait à la chambre à gaz et elle s'est mise à chanter Shema Israël. En entendant cette voix, les Allemands, toujours friands de musique, l'avaient fait descendre du camion et l'avaient aiguillée vers la « quarantaine ». Elle bravait tous les dangers pour chanter Kol nidre dans les Blocks. A-t-elle survécu ? Je ne sais… Mais dans le camp on était déjà informé que les Russes avaient libéré Krakow. J'apprenais beaucoup de nouvelles de l'extérieur par Félix, qui venait me voir régulièrement. Il nous avait procuré un pull-over et un sac de sucre, que nous avons partagés (le pull à tour de rôle) entre les copines du groupe. C'est par ces petits écarts au statut du camp que nous sommes restées vivantes. Nous devions servir de réserve de main-d'œuvre et pour l'instant on éprouvait notre résistance physique. Pouvoir travailler douze heures d'affilée le ventre vide… On ne peut réaliser les conditions dans lesquelles nous vivions. On s'accrochait pour rester des êtres humains. Mais c'était difficile. Notre chance, c'est d'être arrivées tardivement à Birkenau. Après nous cependant, de nombreux convois sont encore arrivés : par exemple de l'île de Rhodes. Notre baraquement se situait sur le passage entre la rampe d'arrivée et les fours crématoires… mais l'envie de vivre restait très forte en nous.
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