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Le récit de ma mère
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Mohamed-améziane Méchouar
 
Présentation
« Combattante non reconnue de la bataille d’Alger, ma mère éprouvée me raconta l'histoire en noir et blanc. » Alger, entre les années 1930 et 1954. Ville maintenue dans le corset d’une cohabitation artificielle, ville divisée et prête à s’embraser. Puisant dans les souvenirs de sa mère, Mohamed Améziane Méchouar fait revivre l’Algérie d’avant la guerre d’indépendance. Dénonçant le colonialisme, il décrit la rancœur d’une population qui subissait quotidiennement les inégalités et les humiliations. Témoignage précieux et actuel, Le récit de ma mère est aussi l’occasion de mieux comprendre les tensions entre les différentes communautés religieuses : Juifs, Chrétiens et Musulmans d’Algérie.
Extrait du livre
Quand je suis né, il n'y a pas de doute, j'étais musulman car ma mère et mon père étaient musulmans, et suis resté musulman. Ma mère pratiquait la religion comme toutes les femmes de l'époque qui étaient confinées dans leur maison et qui n'avaient pas le droit de sortir seules. Elle devait être accompagnée par le mari, le fils, le beau-père, la mère ou la belle-mère et, bien entendu, il fallait qu'elle soit voilée. Le voile de l'époque était appelée haïk. De couleur blanche, il se portait sur une belle tenue d'intérieur composée de jupes, de pantalons traditionnels et de chemisettes. Le port du voile était plutôt une convenance culturelle qui s'était imposée au fil du temps comme un rempart au désir de l'homme, et depuis l'empire ottoman le port revêtait une caractéristique des valeurs arabo-musulmanes. Le port du voile donnait à la femme un statut de femme honnête, respectable et de bonne famille. Le voile tel qu'il était porté ne posait aucun problème à la femme puisqu'elle grandissait avec dès son jeune âge, et il était de tradition pour que la femme le portasse. D'ailleurs, la femme naissait et mourrait sous le voile. Ma mère qui était pieuse et d'un âge avancé me disait du voile : « Dans notre jeunesse, il protégeait notre beauté et à notre vieillesse, il protège notre âme! » Elle fait surtout référence à la femme qui a eu des enfants, les a élevés dans la dignité sociale et les a mariés comme le voulait la tradition. Elle estimait avoir accompli son devoir de mère et se contentait d'être une grand'mère pieuse et affective pour les petits enfants, qui lui assuraient la jouissance d'une fin de règne dominante sur les filles et belles-filles qui l'entouraient. Durant la période coloniale, le voile (haïk) était un symbole de résistance contre les Français qui n'ont jamais cherché à éduquer ou à affranchir la femme de l'état dans lequel elle se trouvait. Ce qui est vrai, c'est que le colonialisme français accentuait cet état de fait en gardant les femmes et les hommes dans une ignorance totale, en leur interdisant l'accès à l'éducation et au savoir universel. Les femmes étaient les plus touchées par cette politique coloniale qui annihilait toute forme de progrès ou de reconnaissance citoyenne aux Musulmans, tous cantonnés dans des quartiers misérables sans eau et sans électricité. On ne peut pas prétendre aujourd'hui que la colonisation a eu des effets bénéfiques sur la population musulmane, qui était totalement indigène sous l'occupation française. La femme en souffrait beaucoup plus que l'homme car elle était interdite de sortie du foyer familial ou de celui de son mari, et son cadre de vie se limitait aux murs qui la cachaient aussi bien des humains que de la beauté de son environnement, et avait comme seul bienfait le ciel qui lui servait de rêves et d'évasion. Donc, Dieu! Ma mère priait pour supporter sa douleur et priait pour que la vie des autres soit meilleure que la sienne.
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