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David Sauleman
 
Présentation
Il est fréquemment arrivé après la Shoah que des couples se forment sur un terrain de douleur commune. Fanny et David, enfants juifs pris dans la tourmente exterminatrice nazie, partagent plus que le traumatisme des persécutions et la disparition de leurs proches, ils ont en commun le même univers – le Paris du XIe arrondissement –, la même culture séfarade et la même langue : le judéo-espagnol de leurs ancêtres turcs et saloniciens. Tous deux ont vu leurs pères être victimes de la rafle dite « du XIe arrondissement » (20 août 1941), à la suite de laquelle la cité de la Muette inachevée devint le camp d’internement de Drancy : ils seront déportés treize mois plus tard et exterminés.
Soixante-dix-sept lettres échangées par leurs parents lors de la détention à Drancy sont à l’origine de cette entreprise de mémoire qui a conduit Fanny et David à s’engager dans la recherche de leurs racines séfarades et à travailler sur leurs souvenirs. Grâce à ce livre, fruit de dix ans d’efforts, Fanny (décédée en 2001) et David ont creusé avec leurs mots une sépulture digne pour leurs chers disparus, ces disparus auxquels les nazis refusaient l’existence au-delà même de la mort, jusque dans les mémoires.
Extrait du livre
Dans la nuit du 4 au 5 novembre, nous avons été réveillés en sursaut par la concierge, Mme Sulpice, qui tambourinait à notre porte et qui de sa voix forte et désagréable nous ordonnait d'ouvrir. Il était inutile de se demander quelle était la raison de son comportement, vu le nombre de rafles qu'il y avait alors à Paris, nous étions parfaitement au courant. Ma mère ouvrit la porte et laissa entrer la gardienne qui était accompagnée de deux policiers français en civil. Grossiers et arrogants, ils nous accordèrent quelques minutes pour nous habiller et faire un paquet de nos affaires. Ils empêchèrent Maman de prendre la moindre nourriture, et notamment ne lui donnèrent même pas le temps de préparer des biberons pour Maurice. Ils nous emmenèrent sans ménagement avec eux. Comme je l'ai écrit plus haut, cette nuit de novembre était très froide, mon frère et moi ne pleurions pas mais nous claquions des dents, je ne sais pas aujourd'hui encore si c'était la peur ou le froid qui nous faisait réagir ainsi. […] Dès notre départ, la concierge est repartie avec les clefs de l'appartement qu'elle avait prises à Maman. Elle était obligée de conduire d'autres policiers vers les appartements occupés par d'autres Juifs qu'ils venaient arrêter. Comme lors de l'arrestation de Papa, il n'y avait pas de soldats allemands, seuls des policiers français en tenue et d'autres en civil se sont chargés de cette tâche infâme. Le poste de police (actuellement désaffecté) de la mairie du XIe arrondissement se trouvait à cinquante mètres au maximum de notre immeuble. C'est probablement de cet endroit que les exécutants de la rafle organisaient les descentes. C'est au cours de cette nuit-là que les Juifs essentiellement Séfarades, Turcs, Grecs – Saloniciens en grande majorité – ont été arrêtés. Le nombre disproportionné de femmes et d'enfants raflés s'explique par le fait que les maris, les pères ou les fils étaient déjà soit prisonniers de guerre, soit dans la clandestinité, soit internés à Drancy, soit déjà déportés. Aujourd'hui encore, quand les images de cette nuit me reviennent en mémoire, j'ai du mal à accepter la réalité des épreuves que nous avons vécues. Je ressens une douleur indescriptible chaque fois que j'évoque ces heures qui ont été les plus noires, les plus tristes de ma vie. Il y avait cette nuit-là une pagaille indescriptible provoquée par le nombre important des arrestations (plus de mille). Les Juifs arrêtés, chargés de bagages, étaient regroupés sur le boulevard, devant le poste de police. Les hommes, femmes et enfants qui habitaient plus loin arrivaient encadrés par des policiers qui les malmenaient pour les faire avancer plus vite. Il y avait peut-être d'autres points de rassemblement, mais je n'ai vu que celui-là. De nombreux cars de police et des autobus stationnaient, prêts à nous conduire je ne sais où exactement : au commissariat de la rue Camille Desmoulins près de notre domicile ? au gymnase Japy plus haut sur le boulevard ? dans une gare, ou directement à Drancy ? Apparemment les policiers nous regroupaient simplement avant de nous interner. Toujours à proximité du poste de police, alors que nous allions monter dans un car qui semblait nous attendre, on nous dirigea vers un bus plus grand pouvant contenir plus de monde. Le désordre provoqué par les hurlements des policiers, les plaintes des personnes âgées qui avaient des difficultés pour monter dans les cars, les cris des mères et les pleurs des enfants terrorisés
Les avis des lecteurs
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24.11.2009
Bonjour, Mon père [Paul PERRIN] a connu David SAULEMAN lorsque celui-ci était à Renazé réfugié, durant la 2de GM. A cette époque, David se faisait appeler André.Papa avait une forte sympathie pour ce camarade de jeux de même âge. Lui est-il possible de prendre contact avec l'auteur ? Merci
16.12.2009
Bonjour Monsieur, Monsieur Sauleman est entré en contact avec nous pour nous demander comment vous recontacter. N'hésitez pas à nous appeler au 0890711018 afin que nous puissions vous transmettre ses coordonnées. Le service communication des éditions Le Manuscrit
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