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Rock'n'roll
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Christian Nabais
 
Présentation
Solitude dans la multitude, invertébrés, électricité, alcool, décibels, handicaps émotionnels, meurtre, égarements, culte du corps, confusion mentale, fêtes underground… Voilà le quotidien de l'homme sans nom qui, une guitare basse à la main, traverse ce roman aussi sombre et intense qu'un disque des Stooges. Hanté par le poids de la solitude et les fantômes du passé, nous le voyons se perdre dans une ville tentaculaire et sombrer dans la dépression, pour finir par se réfugier dans l'anonymat des exclus de la société.
Extrait du livre
1. « Stovar ? » J'ouvris un oeil paresseux et ramenai sur ma poitrine le tapis pakistanais dans lequel je m'enveloppais pour dormir. Il faisait déjà nuit. Je ne m'appelais pas Stovar, mais c'était bien à moi que la voix s'adressait. « C'est Erik. Erik Ahvenainen. On m'a dit que tu étais revenu. » Le haut-parleur du répondeur téléphonique conférait à la voix un ton empreint de détresse. Un appel à l'aide transmis par une coque de noix en perdition sur un océan hostile. Toutes les voix transitant par cette petite boîte noire subissaient la même déformation. J'imaginais parfois mes correspondants, assis devant leur appareil de liaison avec le monde extérieur, en train de dessiner en esprit la forme de mon corps et de mon visage pour oublier qu'ils parlaient dans le vide tels des fous ou des vieillards en bout de course. Je n'avais jamais parlé à une machine – sauf à un hélicoptère, une fois -, jamais insulté un ordinateur, jamais répliqué à un répondeur. Je me contentais parfois d'écouter les messages d'annonce, sachant qu'ils survivraient à ceux qui les avaient enregistrés ; la voix que j'écoutais appartenait peut-être à un corps désormais atrocement mutilé, broyé et déchiré par de la tôle torturée sur la voie rapide de l'Autoroute du Sud. « Rappelle-moi quand tu peux, Stovar… » La voix égrena ensuite une série de chiffres. Le code d'identification de son propriétaire dans l'éther. Je repoussai le tapis et me levai, déjà vêtu, puisque depuis mon retour je ne quittais que mes chaussures pour dormir. Mon loyer était réglé par prélèvement automatique, de même que toutes les exigences financières institutionnalisées – factures d'eau, de gaz, d'électricité, de téléphone, assurance habitation, taxe d'habitation (j'étais exempté de l'impôt sur le revenu et n'avais pas déclaré le petit téléviseur en noir et blanc en ma possession), cotisations bancaires -, et je recevais si peu de courrier que ma boîte aux lettres ne permettait pas de détecter une absence prolongée de ma part. De plus, la régie avait eu la délicatesse de faire confectionner un bac permettant aux complices des tueurs arboricoles d'y déposer leur lot quotidien de prospectus. Je crachai contre une plinthe pour chasser le goût infect qui emplissait ma bouche. Durant mon sommeil, comme d'habitude, un rat était remonté des égouts, attiré par mes ronflements, pour venir chercher un peu de chaleur entre ma langue et mon palais. J'entrepris de me préparer un grand bol de café soluble. Lorsque l'eau commença à frémir, j'allumai une cigarette, malgré les recommandations médicales. Il s'agissait là d'un rituel que je n'appréciais pleinement que dans la solitude, depuis que Rachel n'était plus là. Celles qui lui avaient succédé avaient toujours gâché cette subtile alchimie matinale, que seuls ceux qui ont connu l'isolement peuvent comprendre et goûter. La combinaison du café et du tabac m'emportait pour un bref instant dans une autre dimension.
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