éditeur
Editeur de livres
             publier un livre, éditer un livre, éditions en ligne, éditeur en ligne, se faire publier, se faire éditer, comment éditer - publier son livre
Librairie
Fiche Livre
Je suis d'épines et d'araignées
Ajouter ce livre à mes favoris
 
Patrick Aveline
 
Présentation
Une plongée dans l’enfance biélorusse du narrateur Des révélations intimes surprenantes Il est peintre, Juif new yorkais, fantasque, sceptique, impénitent et disert à l'indigestion. Il entreprend, à l'aube de sa vieillesse, d'écrire de bien étonnants mémoires, qui le présentent tour à tour sauvage, sensible, géographe rêveur, agaçant, attachant ou contradictoire. Elle a 40 ans, vit seule à Manhattan avec son fils, fut brillante avocate au barreau de Philadelphie. Dans le huis-clos d'une fin d'expo, Marianne écoute, dans un bonheur retenu qui frise l'exaspération, son père Ben lui relater son été magique au lac de Slobotka.
Extrait du livre
Au cœur de ce bain d'ondes soyeuses, où l'embrasement serait imminent, où les femelles ne tarderaient pas à frotter leur ventre contre le sable pour y déposer leurs œufs. Au cœur de ce bain d'ondes soyeuses où les mâles ne tarderaient pas à les féconder. Au cœur de… rien, non, vraiment rien, ne pourrait laisser présager le cruel destin qui attend les superbes poissons argentés et leur petit chaperon de bois. Car… car, subsiste, rôde et s'éternise encore à Favignana comme à San Pietro en Sardaigne, et plus nulle part ailleurs en Méditerranée, une tradition millénaire certaine de son fait. Tradition d'origine phénicienne s'accorde-t-on à croire. La mattanza, sicilienne d'usage, mais andalouse de sentiment, la mattanza, aquatique certes, mais corrida de cœur, la mattanza mettrait un terme définitif à leur aventure au long cours. Et par là même à celle de la boussole de Bäxtä. En tout cas, aurait-elle la justesse de le craindre. Depuis plusieurs semaines déjà, sous les ordres du Raïs, de longs filets, couloir d'une dizaine de kilomètres de long, cousus et juxtaposés les uns aux autres, formant sept enclos se succédant dans un ordre précis, ont été soigneusement immergés et fixés au moyen d'ancres puissantes et de lourds parpaings. 16 heures, les poissons buttent sur le premier, la coda, filet perpendiculaire au littoral, reliant la côte et les différentes chambres. Ingénus et poussés par leur instinct, les poissons heurtent le barrage, suivent le plus naturellement du monde le chemin qu'on leur impose, pour aboutir dans le labyrinthe des filets, par un passage étroit appelé la vucca nassa. Prisonniers dans la « grande chambre » puis dans celle du levante, ils tournent en rond, inlassablement, la panique les gagnant peu à peu. Tout au long de ces murailles de pièges, la petite boîte en bois, qui accompagnerait les poissons jusqu'au bout de leur voyage, se sentirait épiée, pistée par les différents plongeurs qui, postés aux endroits clés de la tonnara, veillent au bon déroulement des opérations. Dehors, les chants et les prières commencent à résonner en échos incantatoires. Les jours précédents, le Raïs a déjà béni les filets, puis adressé ses prières à saint Pierre, à la Vierge, mais il a aussi psalmodié ses formules magiques, pour que les thons viennent en nombre, pour protéger ses marins, pour échapper aux vents contraires, à la trombe marine. La trombe qui peut détruire la tonnara en quelques minutes, plongeant les communautés insulaires, pour qui cette pêche fut autrefois économie de subsistance, les plongeant dans un abyme de résignation. Cette résignation même que les cultures méditerranéennes aiment à associer au fatalisme. 17 heures 30, prélude au combat au corps à corps, les chants propitiatoires, les cialome siciliens vibrent d'étranges modulations arabes, conjurent le mauvais sort et invoquent Allah. Dix siècles déjà que les Arabes ont apporté de nouvelles techniques à cette pêche et que les pêcheurs siciliens en héritent… 18 heures, à un simple hochement de tête du Raïs, deux hommes ouvrent le dernier sas. Comme un éclair, les ombres argentées pénètrent dans la dernière nasse, la camera della morte. Les bateaux forment un quadrilatère autour de ce dernier enclos. Les deux grandes barques se font face sur les longueurs de la « chambre de la mort », tandis que deux petites se disposent sur chacune des largeurs
Les avis des lecteurs
Donnez votre avis

éditeur, publier un livre, éditer un livre, éditions en ligne, éditeur en ligne, se faire publier, se faire éditer, publier son livre