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Féminité et expression de soi
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Christiane Chaulet Achour
 
Présentation
Au XXe siècle, la reconnaissance de soi comme exploration des contours identitaires met en œuvre la fragmentation du sujet et de la vie. Dans la profusion des genres qui caractérise ces textes de re-création du Moi, l’inscription autobiographique s’exprime à travers roman, journal intime, fable, conte fantastique ou BD. Du mariage polygame au port du foulard, la difficile condition de femme s’affiche par le déni d’obéissance dans une recherche jubilatoire de désir et de liberté. Être de l’errance et du voyage, la femme s’y affirme contre l’enfermement, entre tradition et modernité, par une écriture du détour qui réinvente les rapports entre l’intime et la société comme leur mise en œuvre, dans un véritable transbordement de soi, chez Linda Lê, Ken Bugul, Marjane Satrapi, Andrée Chédid, Ana
Extrait du livre
Chez les écrivaines et artistes du XXe siècle, la fonction personnelle et intime de l’écriture déplace toujours plus la frontière du journal intime, du témoignage ou du roman, de l’œuvre en général, tout au long de l’histoire. L’utilisation du matériau de la vie privée constitue le socle de l’écriture ou l’éclaire de loin : elle montre quoi qu’il en soit les procédés de leur mise en œuvre par l’écriture, dans le geste de création. C’est un transbordement de soi dans les limites de l’œuvre qu’invitent à lire le carnet, le fragment, les réécritures de soi dans une autre, l’image répétée ou implicite, à travers le mythe, la tragédie, l’humour ou la dérision, le masque ou les métamorphoses du moi. Le champ des francophonies bat le rappel des valeurs du féminin en rébellion. Les accidents de vie y sont légion ; à la parole proférée loin devant soi, les corps meurtris ou expérimentés préfèrent la ruse, la dissimulation derrière le masque du personnage ou l’allégorie fabuleuse qui s’achèvera tantôt en folie tantôt en rire jubilatoire. Le repos n’y a pas encore sa demeure ; il y faudrait un train autre au moi haï et pourchassé, une autre façon de marcher que la fuite et un autre parfum que celui de la mort. Cependant des femmes écrivent et témoignent, avec la tradition ou sans elle, dans une solitude éperdue ou parmi la foule, de ce que le moi dispersé cherche à conquérir d’autonomie. L’histoire du sujet sera pour plus tard, quand l’écriture de soi aura pris ses aises et ses formes, sous différentes latitudes. Du Vietnam nous vient ce que Julie Assier nomme « l’autobiographie désaxée » de Linda Lê dans Les Trois Parques. Audrey Roussey éclaire la relation au masculin sous l’angle du mariage polygamique dans le roman de Ken Bugul Riwan ou le chemin de sable. La quête du Moi morcelé contraint de traverser de rudes épreuves peut se révéler plaisante et enjouée comme le montre Christiane Chaulet Achour dans l’analyse de la bande dessinée Persépolis de Marjane Satrapi.Nicole Grepat Michel observe la quête jubilatoire d’une identité multiple chez Andrée Chédid à travers la figure du clown bouffon et les nombreux avatars qui cristallisent l’humanisme de son œuvre. Martine Mathieu Job choisit, dans la littérature mauricienne féconde en témoignages personnels de femmes, les romans d’Ananda Dévi et plus particulièrement Indian tango, pour leur modalité allégorique voire fantastique qui offre aux personnages victimes de la société de recouvrir une humanité et surtout une féminité assumant désir et liberté. C’est cet idéal de liberté par l’écriture que scrute Brigitte Riéra dans le Journal intime et politique de Maïssa Bey, un témoignage reconstruit qui transcende la violence en Algérie pour tresser le pli de l’intime au journal ouvert sur le monde. Jean-Rémy Amakoé D’Almeida révèle à travers Cri de souffrance de Koné Alimatou et La Blessure de Fatou Fanny Cissé l’inscription textuelle du corps féminin dans l’expérience de filles et de mères confrontées à la maladie, l’excision ou la mort. A l’impossibilité du témoignage répondent les silences, suspens, ellipses et syncopes dans ces textes souvent inclassables, à incarner le dépôt de soi, en constante métamorphose et inaliénable.
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