éditeur
Editeur de livres
             publier un livre, éditer un livre, éditions en ligne, éditeur en ligne, se faire publier, se faire éditer, comment éditer - publier son livre
Blog auteur
Mon père engagé volontaire
13/05/2015 19:26:47
  
     
Une intervention enrichissante sur la 2ème Guerre Mondiale Mr Jacques Saurel, ancien déporté de Bergen Belsen est venu témoigné à la Maison Familiale et Rurale de Rollancourt, auprès des classes de première et terminale Bac technologique STAV. Actuellement âgé de 82 ans, Jacques Saurel se définit comme une particularité de la seconde guerre mondiale, car c’est l’époque où il y a une opposition d’Hitler face à la religion juive. Je suis né en 1933 et je suis juif. Mes parents sont venus en France en 1920, car ils aimaient ce pays. J’ai un frère et deux sœurs. Avec la déclaration de la guerre (j’avais 6 ans), mon père s’engage comme volontaire dans l’armée des étrangers habitants en France. L’exode va jeter 2 millions de personnes sur les routes car les allemands envahissent à partir de la Belgique. J’habite le Près St Gervais, au nord de Paris. Les communes vont évacuer leurs populations vers la Loire (Nogent le Trou). Je vis normalement et sans distinction. Mais je ne suis pas comme les autres. Avec l’armistice du 22 juin 1940 je retourne au Près St Gervais, où j’y vois aussi pour la première fois des allemands qui s’y installent. On retourne à l’école, mais c’est l’occupation donc les allemands sont présents et c’est le début des restrictions (tickets de rationnement). Fin 1940, ma mère continue de travailler (même si elle reçoit une aide de l’Etat car mon père est prisonnier), mais les choses changent (carte d’identité : tampon juif ou encore des interdictions : square, cinéma, bâtiment public…). Dans la boutique de mon grand père paternel, j’entends parler de rafles, de contrôle de papier (camps d’internement). En 1942, les choses s’accentuent pour les juifs vivant en France. En Mai 1942, une ordonnance nous impose de porter l’étoile jaune pour les enfants de plus de 6 ans (j’ai des camarades similaires dans la classe, et le directeur de l’école va soutenir ses enfants : forme de protection vis-à-vis des enfants). Juillet 1942 c’est la rafle du Vel d’Hiv mais les enfants et femmes de prisonniers ne peuvent être arrêtés, donc pour l’instant nous sommes protégés par le gouvernement de Vichy. Mon grand père est mis au courant d’une grande rafle où les hommes seront seulement faits prisonniers mais les policiers arrêteront les femmes et enfants ce jour-là. Mon grand père va au commissariat mais il est jeté à la rue, car les personnes arrêtées sont au Vel D’Hiv, donc mon grand père se livre au Vel d’Hiv pour rejoindre ma grand-mère et mon oncle. Du 3 au 4 Février 1944, ma grand-mère, ma mère, mon frère, ma sœur et moi-même (la seconde sœur est cachée dans une famille) sommes présents sous le même toit, mais les policiers viennent nous arrêter en pleine nuit (2 agents de police). Ma grand- mère ne sera pas arrêtée car les policiers le font exprès. Le commissaire fait chercher les vêtements dans l’appartement de la famille et il fait monter les membres de la famille dans un autobus qui se dirige vers Drancy. Ce camp de rassemblement sert de lieu où l’on envoie les déportés vers les camps allemands ou polonais. Un enfant en difficulté vieillit plus rapidement, car je suis enfermé dans une chambrée (Drancy). J’y reste 3 mois (et ce camp en 1944 est dirigé par les nazis), je n’y ai pas faim et je n’y rencontre aucune violence. Les moments importants sont les arrivées et départs dans le camp de Drancy. Les nazis chassent les juifs de France. Je me souviens d’un groupe d’enfants qui arrivent dans le camp, en grand nombre. Ils ont voyagé et il n’y a aucuns adultes, ce sont les enfants d’Ysieu, des enfants cachés par un couple. Le chef de la Gestapo à Lyon, Klaus Barbie les fait arrêter. Je saurai par la suite, qu’ils sont tous morts. Le 3 mai 1944, nous sommes évacués vers Bergen Belsen (direction Gare de l’Est). Nous montons dans un wagon de voyageur et quittons la gare de l’Est. Nous sommes encadrés par des SS et voyageons pendant 2 jours en passant par la Belgique et arrivons en Allemagne. Sur le quai de la gare, les soldats nous attendent (25 enfants dans les wagons) et ont est confronté à la violence (il faut comprendre très vite l’allemand). On roule dans les camions quelques temps et on pénètre dans un espace c'est-à-dire la cours d’appel du camp. On y voit des personnes fantomatiques dans ce camp (regard fiévreux, qui nous dévisagent : les déportés). On y rencontre les Kapos (déportés de droit commun : violeur, assassin…), c’est la police du camp qui a le droit de vie et de mort. On intègre une baraque (150 personnes) et où personne ne parle français. Le laisser aller dans le camp conduit directement à la mort. Bergen Belsen ou camp de la mort lente, car dans ce camp il y a peu de nourriture, présence de dysenterie, les coups et un manque d’hygiène…. Les séances d’appel sont longues, et interdiction de bouger ou d’aller aux toilettes (destruction morale et physique). Les morts sont brûlés. La mort est omniprésente, mais l’enfant que je suis continue à se créer des moments de rire avec les adultes. En Décembre, les conditions se sont durcies et le commandant d’Auschwitz arrive à Bergen Belsen . Ce camp récupère les déportés des autres camps de Pologne (libérés par l’URSS). Avril 1945, l’ordre est donné aux enfants et femmes de prisonniers de guerre de quitter le camp (2 000 personnes) On monte dans un train (wagon à bestiaux) et le périple dure 14 jours sans nourriture… le train s’arrête pour que les déportés se soulagent et descendent les corps des cadavres. Ce train sera surnommé le train fantôme. Les russes libèrent le train qui a été déserté par les allemands. Je suis atteint de Typhus. Seul 1 000 personnes ont survécues, les russes nous indiquent un village et je tombe dans un coma (4 jours) et ma mère me soigne comme elle peut. Fin juin 1945, l’armée américaine nous permet de rejoindre Strasbourg puis Paris. Ce 25 juin 1945, on est de retour à Paris. On est à l’Hôtel Lutétia et j’y retrouve mon père avec une séparation de 5 ans. Il est revenu en Mars 1945. Cette intervention fut enrichissante car cela à permis aux élèves de se confronter aux évènements historiques, d’avoir une vision de la situation de l’époque et de pouvoir partager des idées et des remarques sur la société actuelle.


Dernières réactions                                                   Réagir à cet article

éditeur, publier un livre, éditer un livre, éditions en ligne, éditeur en ligne, se faire publier, se faire éditer, publier son livre